Trente jours de gel
L’annonce a été publiée le 29 octobre par l’équipe de YouTube sur sa page des fonctions en test. Des chaînes visées par une fermeture immédiate pour certaines infractions à la règle sur le spam seront d’abord gelées 30 jours, si elles sont éligibles. Le propriétaire est prévenu par e-mail et dans YouTube Studio. Pendant le gel, impossible de mettre en ligne une vidéo ou de commenter.
Trois sorties : corriger ou supprimer les vidéos en cause, effacer toutes les vidéos de la chaîne, ou faire appel. Une fois les contenus retirés et validés, la chaîne est débloquée. Sans action dans les 30 jours, elle est fermée.
Le catalogue contre l’audience
Si le nettoyage vidéo par vidéo est refusé, le créateur peut encore tout effacer et garder ses abonnés, son nom de chaîne et sa place dans le programme partenaire, celui qui partage les revenus publicitaires. L’enjeu est là : une chaîne fermée ne touche plus rien, rappelle l’aide de YouTube, et son propriétaire n’a plus le droit d’en ouvrir une autre.
Le marché est simple : on sacrifie les vidéos, on sauve l’audience. C’est plus généreux que la « seconde chance » lancée en octobre 2025, qui permet de demander une nouvelle chaîne un an après une fermeture, mais en repartant de zéro abonné.

Le volume dans le viseur
La règle de YouTube sur le spam vise désormais la production de masse : utiliser des outils automatisés ou l’IA pour publier en grande quantité des vidéos presque identiques. Même chantier côté musique, où YouTube Music étiquette depuis octobre les morceaux générés.
Fin 2025, une vague de fermetures contestées sur les réseaux sociaux a poussé YouTube à réexaminer des centaines de chaînes. Son bilan, publié le 13 novembre 2025 : la « grande majorité » des décisions confirmées, une poignée annulées. Le sursis déplace le débat : corriger avant la sanction plutôt que plaider après.
Et en France ?
YouTube ne dit pas quels pays participent : pour une chaîne française, l’accès au sursis est non précisé. Le droit européen offre déjà un filet. Le règlement sur les services numériques impose un recours interne, ouvert au moins six mois, contre la suppression d’un compte ou de la monétisation, puis un organe extrajudiciaire certifié.
Notre lecture — YouTube ne renonce pas à punir le spam. Il change le tarif : la fermeture devient un ultimatum, et la rançon, c’est le catalogue. Pour une chaîne qui mise sur le volume, la valeur est dans l’abonné, pas dans la vidéo. YouTube le sait, et garde seul la main sur qui est « éligible ».
Ce qui reste incertain
YouTube ne publie ni les critères d’éligibilité, ni la liste des infractions concernées, ni la durée du test, ni le nombre de chaînes visées. Le texte ne dit pas si les revenus sont suspendus pendant le gel.
À surveiller
- Une extension du test à d’autres chaînes ou à d’autres pays, sur la page des fonctions en test de YouTube (date non annoncée).
- Les prochains chiffres de YouTube sur les fermetures de chaînes, dans son rapport de transparence (date non annoncée).
Sources
- YouTube Help Community — « YouTube test features and experiments », entrée « Experimenting with cleanup options for terminated channels » (TeamYouTube), 29 octobre 2026
- Aide YouTube — « Spam, deceptive practices & scams policies », consultée le 30 octobre 2026
- Aide YouTube — « Channel or account terminations », consultée le 30 octobre 2026
- YouTube Help Community — « Top FAQs: YouTube Content Moderation & Appeals » (TeamYouTube), 13 novembre 2025
- YouTube Official Blog — « Second chances on YouTube », 9 octobre 2025
- Règlement (UE) 2022/2065 sur les services numériques, articles 20 et 21 (EUR-Lex)






