Un chat, une fleur, une danse
La vidéo de lancement dure 35 secondes. Quelqu’un tape dans ChatGPT « can you make a dancing cat gif? », et un chat coiffé d’une fleur en laine se met à danser. Plus loin, on demande d’ajouter des lasers roses à un oiseau, puis un menu règle la vitesse de l’animation, de 0,5× à 2×. OpenAI l’a publiée sur X pour présenter Images 2.6, lancé le 4 novembre 2026 dans ChatGPT, dans Codex, son outil de programmation, et dans son API.
Les nouveautés visent d’abord les créateurs. Dans ChatGPT, on transforme un texte ou une image en GIF animé, on ajuste la vitesse et on retouche chaque image de l’animation séparément. On peut aussi enregistrer des images de référence (soi-même, son animal, un personnage) pour les réutiliser sans les importer à nouveau. OpenAI annonce une génération 50 % plus rapide qu’avant.
Mascottes, mèmes et storyboards
OpenAI cite trois usages du GIF : animer la mascotte d’une marque pour une campagne, fabriquer des réactions et des mèmes pour les réseaux, tester les mouvements d’un personnage en storyboard avant un tournage. Pour Coco Mao, à la tête de la plateforme de création OpenArt, dont les exemples illustrent l’annonce, « les GIF sont la langue naturelle des réseaux sociaux ».
Côté développeurs, le guide technique d’OpenAI fixe le cadre : un GIF compte de 2 à 64 images, chacune affichée de 20 millisecondes à 2 secondes. Par défaut, l’API produit 9 images de 200 millisecondes, soit une boucle de 1,8 seconde. Le GIF se crée à la génération : l’outil de retouche de l’API ne le propose pas.

Deux modèles, le même tarif
Dans l’API, Images 2.6 se décline en deux modèles. GPT-Image-2.6 Flare vise la vitesse, avec une image en six secondes au mieux en qualité basse, selon OpenAI. GPT-Image-2.6 Sunburst vise le détail et garde mieux un personnage ou un produit d’une retouche à l’autre, en qualité moyenne ou haute. Les deux affichent le même tarif que la génération 2.5 : 8 dollars par million de jetons d’image en entrée, 5 dollars pour le texte et 30 dollars par million de jetons d’image en sortie. OpenAI prévient qu’un tarif identique ne fait pas un coût identique par image, car la consommation de jetons varie selon le modèle et la qualité.
Les développeurs récupèrent aussi l’annotation d’image, déjà présente dans ChatGPT, qui permet d’entourer la zone à modifier, ainsi que l’export en SVG et un réglage de « complexité » qui dose la préparation de la scène avant le rendu, sans supplément. Picsart, fal, Sable et Higgsfield ont eu accès au modèle avant sa sortie, et Figma l’ajoute à son outil Weave.
Et en France ?
OpenAI annonce Images 2.6 « disponible partout » depuis le 4 novembre, dans toutes les formules de ChatGPT et de Codex, sur ordinateur, mobile et web. Aucune exception n’est mentionnée pour l’Europe. La page tarifaire française de ChatGPT, consultée le 5 novembre, distingue les volumes : création d’images « limitée » en formule Free, « illimitée et plus rapide » en Pro. Elle ne donne pas de quota propre aux GIF.
Ces images animées arrivent alors que l’AI Act impose, depuis le 2 août 2026, des règles de transparence aux contenus générés. Selon la Commission européenne, le fournisseur doit marquer ses images dans un format lisible par machine, et celui qui publie un hypertrucage (deepfake) doit signaler qu’il est artificiel. OpenAI dit ajouter des métadonnées C2PA et SynthID, le filigrane invisible de Google DeepMind, dans ChatGPT, Codex et l’API. Nous avions détaillé en octobre le même type de marquage pour les textes de ChatGPT.
Les images de référence posent une autre question. OpenAI parle de photos « de vous-même, de vos animaux et de vos personnages ». Avec la photo d’un tiers, artiste, client ou proche, c’est le droit à l’image qui entre en jeu, comme nous l’avions rappelé à propos des artistes disparus. Un abonnement à un outil d’IA n’ouvre pas non plus automatiquement l’usage commercial des créations, montrait notre comparatif des conditions d’utilisation. Ce passage ne constitue pas un conseil juridique.
Le mouvement complique le tri
Dans sa fiche de sécurité, OpenAI reconnaît que le GIF ajoute des risques absents d’une image fixe, comme un mouvement à caractère sexuel ou un message qui n’apparaît qu’en enchaînant les images. Certaines catégories sont donc bloquées plus largement en GIF, et l’entreprise écrit que ses garde-fous « peuvent ne pas repérer toutes les infractions ».
Sur 3 077 demandes conçues pour piéger le système, la part d’images interdites non bloquées passe de 1,49 % avec Flare 2.5 à 2,14 % avec Flare 2.6, un écart qu’OpenAI juge non significatif. Sur les 20 cas supplémentaires, 14 relèvent d’une catégorie qui comprend les représentations fabriquées ou compromettantes de personnes réelles. Sunburst 2.6, lui, laisse passer un peu moins d’images interdites que la version précédente.
Notre lecture — Avec le GIF, OpenAI installe dans ChatGPT un format né sur les réseaux sociaux. Les réactions et les mascottes animées se fabriquent désormais dans son appli, tandis que Picsart ou Figma louent le même moteur au jeton, sans hausse de tarif. Le risque glisse vers l’aval : OpenAI marque ses fichiers, mais en Europe c’est celui qui publie un hypertrucage qui doit le signaler. Pour les créateurs, le pari tient si ces marques d’origine survivent au partage, et OpenAI ne dit pas ce qu’il en reste après une republication sur un réseau social.
Ce qui reste incertain
OpenAI ne dit pas combien d’images de référence un compte peut garder, ni pour combien de temps, ni la durée maximale d’un GIF dans ChatGPT. Les quotas par formule ne sont pas chiffrés, et la page tarifaire consultée affichait ses prix en dollars, sans montant en euros vérifiable. Dans l’API, aucun prix par GIF n’est publié : la facture dépend des jetons consommés.
À surveiller
- Les quotas de GIF par formule de ChatGPT, absents de la page tarifaire française au 5 novembre 2026.
- Les intégrations annoncées chez les premiers partenaires, dont Figma Weave et Picsart.
Sources
- OpenAI — « Introducing Images 2.6 », annonce officielle, 4 novembre 2026
- OpenAI sur X — « Images, upgraded—introducing ChatGPT Images 2.6 », publication et fil officiels avec la vidéo de lancement, 4 novembre 2026
- OpenAI — « ChatGPT Images 2.6 System Card », Deployment Safety Hub, 4 novembre 2026
- OpenAI API — « Pricing », section génération d’images, consultée le 5 novembre 2026
- OpenAI API — « Image generation », guide technique (GIF, SVG, complexité), consulté le 5 novembre 2026
- ChatGPT — « Forfaits et tarifs », page française, consultée le 5 novembre 2026
- Commission européenne — « Code of Practice on marking and labelling of AI-generated content », consultée le 5 novembre 2026
- Mind Atlas — fiche « ChatGPT », consultée le 5 novembre 2026





