O2 gardera son nom sur The O2, l'une des salles de concert les plus fréquentées au monde, jusqu'en 2038. AEG, propriétaire de la salle, a prolongé le contrat de dix ans le 7 octobre. Le montant n'est pas officiel ; la presse britannique l'évalue à environ 200 millions de livres. Premier épisode de notre rendez-vous du lundi : un accord du business du divertissement, expliqué en cinq points.
1. Qui : AEG possède la salle, Virgin Media O2 achète son nom
Côté vendeur, AEG, groupe américain de spectacle vivant, propriétaire et exploitant de The O2. La salle occupe l'ancien Millennium Dome de Greenwich et a ouvert en 2007 [1][2]. Côté acheteur, Virgin Media O2, l'opérateur télécoms né en 2021 de la fusion d'O2 et de Virgin Media ; il revendique 46 millions de connexions mobiles au Royaume-Uni [2]. Le couple n'est pas nouveau : O2 a acquis le nom du site dès 2005, avant même l'ouverture de la salle, et le contrat avait été prolongé une première fois de dix ans en 2017, jusqu'en 2027 [4].
2. Combien : environ 200 M£ selon la presse, aucun chiffre officiel
Le communiqué officiel se garde de tout chiffre. Il parle d'un accord de « plusieurs millions de livres », présenté comme le plus important renouvellement de naming de l'histoire britannique [1]. La presse est plus précise. Selon The Guardian, repris par IQ Magazine, le montant avoisine 200 millions de livres [3][6], soit environ 20 millions par an d'après The Stadium Business [4]. Forbes, qui cite une source non nommée, avance plus de 200 millions de livres sur dix ans, soit au moins 265 millions de dollars [2]. Point de comparaison : le renouvellement de 2017 avait été chiffré à 125 millions de livres [2].
| Salle | Contrat | Montant rapporté |
|---|---|---|
| The O2 (Londres) | Prolongation de 10 ans, jusqu'en 2038 | Environ 200 M£, soit environ 20 M£ par an [3][4] |
| The O2 (Londres) | Renouvellement de 2017, jusqu'en 2027 | 125 M£ sur dix ans [2] |
| Crypto.com Arena (Los Angeles, AEG) | 20 ans, jusqu'en 2041 | 700 M$, soit 35 M$ par an en moyenne [2] |
| Accor Arena (Paris-Bercy) | 10 ans, signé en 2015 | 4,15 M€ HT par an [7][8] |
| Adidas Arena (Paris, porte de la Chapelle) | 5 ans renouvelables, annoncé en 2022 | Environ 2,8 M€ par an [10] |
3. Pourquoi maintenant : AEG négocie au sortir d'une année record

Le calendrier sert le vendeur. Le contrat en cours court jusqu'en 2027, l'année des 20 ans de la salle [2][4]. AEG négocie donc en position de force, au sortir d'une année record : The O2 a accueilli 239 spectacles en 2025 et vendu 2,9 millions de billets, en hausse de 11,4 % sur un an [5]. Le marché porte aussi l'accord : selon l'organisation professionnelle britannique LIVE, la dépense des consommateurs en musique live au Royaume-Uni a progressé de 9,5 % en 2024, à 6,68 milliards de livres [5]. Côté acheteur, le nom est un actif de notoriété : selon Virgin Media O2, 96 % des Britanniques interrogés dans une enquête récente connaissent la salle [2].
4. Ce que ça change : plus de billets prioritaires, et un nouveau prix de référence
Pour les clients, l'accord élargit la billetterie prioritaire : 50 % de billets en plus via le programme Priority [1], soit 30 % des places proposées aux abonnés O2 et Virgin Media 48 heures avant la vente générale, contre 20 % dans le contrat actuel [2]. La petite salle indigo at The O2 (2 750 places) entre pour la première fois dans le périmètre [1]. Pour le marché, le deal fixe un repère : dans les quatre grandes ligues nord-américaines, seule la Crypto.com Arena de Los Angeles, elle aussi propriété d'AEG, dépasse ce niveau [2]. Une salle de concerts sans club résident se vend donc au prix des plus grandes enceintes sportives. C'est la logique décrite dans notre analyse des partenariats longs : la marque n'achète plus une visibilité ponctuelle, mais un accès durable au public.
En France, les montants connus jouent dans une autre division. Accor s'était engagé en 2015 à verser 4,15 millions d'euros HT par an pour la salle de Bercy, dans un contrat de dix ans négocié par AEG Global Partnerships [7][8]. Accor reste présenté comme partenaire naming de la salle ; les conditions actuelles ne sont pas détaillées [9].
5. Ce qui reste flou : l'échéancier, les clauses et la part payée en services
Le montant exact, l'échéancier des paiements et d'éventuelles clauses liées à la fréquentation ne sont pas publics : les 200 millions de livres reposent sur la presse, pas sur un chiffre communiqué par les parties [1][3]. On ignore aussi la part des versements en numéraire et celle des prestations, alors que le partenariat comprend des services techniques comme le réseau mobile 5G et le wifi de la salle [4]. Prochaine échéance : 2027, fin du contrat en cours et 20 ans de la salle.
Sources
- Virgin Media O2 — « AEG and O2 Extend Landmark The O2 Naming Rights Partnership Until 2038 », 7 octobre 2026
- Forbes — « O2 And AEG Extend Naming Rights Deal For Iconic London Concert Venue », 7 octobre 2026 (mis à jour le 8 octobre)
- The Guardian (repris par inkl) — « O2 signs record £200m deal to keep London venue's naming rights », 7 octobre 2026
- The Stadium Business — « The O2 claims record naming rights renewal », 7 octobre 2026
- Music Business Worldwide — « London's O2 Arena keeps its name until 2038 as AEG and O2 strike UK's 'largest-ever naming rights renewal' », 7 octobre 2026
- IQ Magazine — « AEG extends 'landmark' O2 naming partnership to 2038 », 7 octobre 2026
- Sport Buzz Business — « AccorHotels Arena : le naming de Bercy signé pour 10 ans et négocié par AEG Global Partnerships », 8 octobre 2015
- Eurosport — « AccorHotels va payer 4,15 millions d'euros par an pour le naming de Bercy », 29 septembre 2015
- Accor Arena — page partenaire « Accor », consultée le 9 octobre 2026
- The Stadium Business — « Adidas enters naming rights market with Paris 2024 venue », 22 juillet 2022




