Pour son ambassadeur mondial, la Formule 1 n’a pas choisi un pilote mais un acteur : Damson Idris, le coéquipier de Brad Pitt dans « F1 ». Nommé le 25 février, à la veille de la saison 2026, le Britannique doit assister à « plusieurs Grands Prix » et prêter son visage aux contenus, aux partenaires et à la promotion du championnat. Ni la durée de l’accord ni sa rémunération n’ont été publiées. [1][3]

Une mission précise, une durée et un cachet tenus secrets

L’annonce a suivi de quelques jours le lancement de « All To Drive For », la campagne de F1 pour la saison 2026, dans laquelle l’acteur apparaît aux côtés des 22 pilotes de la grille, selon Variety. F1 présente Damson Idris comme son « Global Brand Ambassador » : l’ambassadeur de la marque Formule 1 elle-même, pas d’une écurie ni d’un sponsor. [1][2]

Le cahier des charges tient en une phrase. Selon F1, l’acteur « assistera à plusieurs Grands Prix » et soutiendra la discipline dans « diverses activités de contenus, de partenaires et de promotion », pour faire découvrir le sport à « une nouvelle vague de fans ». Variety et Motorsport.com, qui citent le communiqué de presse, ajoutent qu’il servira de « pont » entre la Formule 1 et le monde de la culture et du divertissement. Le nombre de Grands Prix, leur liste, la durée de l’accord, une éventuelle exclusivité et la rémunération de l’acteur ne sont pas publiés. [1][2][3]

« En Formule 1, tout repose sur l’authenticité », a déclaré Stefano Domenicali, président-directeur général de F1, pour qui l’acteur « est passionné par ce sport et partage notre vision pour le faire grandir ». Et d’ajouter : « Avec sa formidable notoriété et sa place dans l’univers du divertissement et du lifestyle, nous allons ensemble repousser les limites de la manière dont nous touchons les fans. » Damson Idris dit avoir « toujours été attiré par les lieux où se rencontrent la culture, la performance et la précision », et place la Formule 1 « en plein centre ». [1]

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ANALYSE OHMAZIN — Le mot qui compte n’est pas « ambassadeur », c’est « partenaires ». Un ambassadeur de marque est d’abord un actif commercial : un visage que F1 peut mettre à la disposition de ses sponsors, sans passer par une écurie. Sans durée ni montant publiés, impossible de dire si F1 verse un cachet, si ses partenaires en financent une partie, ou les deux.

Le film « F1 » est devenu un actif de la Formule 1

Damson Idris doit ce poste à un rôle. Dans « F1® Le Film », réalisé par Joseph Kosinski pour Apple Original Films, il joue Joshua Pearce, jeune pilote de l’écurie fictive APXGP, aux côtés de Brad Pitt, en vétéran sorti de sa retraite. Le film a été tourné pendant de vrais week-ends de Grand Prix, avec la collaboration de F1 ; les deux acteurs pilotaient des Formule 2 modifiées, rappelle Motorsport.com. Le septuple champion du monde Lewis Hamilton figure parmi les producteurs. La bande-annonce est à voir sur Treyler. [1][3][4][7]

Sorti en salles en juin 2025, le 25 juin en France, le film avait dépassé 629 millions de dollars de recettes mondiales au 17 octobre 2025, selon Apple. Le studio le présente comme le film de sport aux plus fortes recettes de l’histoire et comme le plus grand succès de la carrière de Brad Pitt. En février, F1 parlait de « plus de 630 millions ». Le film est en streaming sur Apple TV depuis le 12 décembre 2025, et en France sur Canal+, selon Treyler. [1][4][7]

Le film a aussi rapporté à la Formule 1 elle-même. Dans ses résultats 2025, Liberty Media, propriétaire de F1, explique la hausse des droits de diffusion notamment par la « comptabilisation d’un revenu ponctuel lié au film F1 ». Le montant n’est pas détaillé. [6]

ANALYSE OHMAZIN — Pour F1, le film a fonctionné comme une campagne mondiale produite par un studio, vendue au prix d’un billet de cinéma, et qui figure même dans ses revenus. Nommer son acteur ambassadeur permet de prolonger cette campagne après la fin de l’exploitation en salles, avec le visage que le public associe désormais à la discipline.

Avec un acteur, F1 vise un public que ses pilotes ne touchent pas

Avant le paddock, Damson Idris s’était fait connaître avec « Snowfall », série américaine de six saisons et 60 épisodes, cocréée par John Singleton et lancée en 2017, où il incarne Franklin Saint, premier nom du casting, selon Treyler. Variety signale aussi qu’il s’est lancé dans la joaillerie avec la maison de luxe Didris, inspirée par l’histoire de sa mère, courtière en bijoux au Nigeria. Aucun autre partenariat de marque n’est cité dans les sources consultées. [2][8]

C’est ce public que F1 cherche. La discipline estime sa base de fans à 827 millions de personnes, dont 43 % ont moins de 35 ans et 42 % sont des femmes, rapporte BlackBook Motorsport. Aux États-Unis, son premier marché de conquête, elle revendiquait 52 millions de fans en 2024. Selon l’enquête mondiale des fans 2025, menée avec Motorsport Network et citée par Apple, 47 % des nouveaux fans américains, ceux qui suivent la F1 depuis cinq ans au plus, ont entre 18 et 24 ans, et plus de la moitié sont des femmes. Ces chiffres sont des estimations de F1, dont la méthode n’est pas détaillée. [4][5]

Le divertissement a déjà servi de porte d’entrée. « Formula 1 : Pilotes de leur destin » (Drive to Survive), la docu-série de Netflix, est diffusée depuis mars 2019 et compte huit saisons, selon Treyler. Sur la même période, l’audience américaine a plus que doublé : les retransmissions d’ESPN réunissaient 554 000 téléspectateurs en moyenne en 2018 et un record de 1,32 million en 2025, selon BlackBook Motorsport. La part de chaque facteur dans cette progression n’est pas mesurée. F1 a aussi misé sur des personnalités venues d’ailleurs : sa série « Passenger Princess » avec la créatrice de contenus Amelia Dimoldenberg a cumulé 263 millions de vues sur ses canaux. [5][9]

Ces fans, F1 les vend à ses partenaires. Le sponsoring a pesé 21,7 % des 3,873 milliards de dollars de revenus de F1 en 2025, selon Liberty Media, qui attribue sa hausse à de nouveaux sponsors, aux hausses prévues dans les contrats existants et à la publicité numérique. La discipline est passée de 12 à 31 partenaires depuis 2020, selon BlackBook Motorsport. La même quête de nouveaux publics guide le calendrier : F1 vient de signer pour dix ans avec le Rwanda pour un Grand Prix d’Afrique. [5][6]

ANALYSE OHMAZIN — C’est là que se joue le choix d’un acteur plutôt que d’un pilote. Un pilote court pour une écurie, porte les couleurs de ses sponsors et peut changer d’équipe : il ne peut pas représenter toutes les marques du championnat. Un acteur n’a pas d’écurie. F1 peut le prêter à n’importe lequel de ses partenaires et l’envoyer là où les pilotes ne vont pas : tapis rouges, mode, plateaux de télévision. Ce que F1 achète, c’est une neutralité sportive doublée d’une audience venue du cinéma et des séries.

Apple, le studio du film, est devenu le diffuseur de la F1 aux États-Unis

Le film a aussi rapproché F1 d’Apple. Le 17 octobre 2025, les deux groupes ont annoncé un partenariat de cinq ans qui fait d’Apple TV le diffuseur exclusif de toutes les courses aux États-Unis à partir de 2026 : essais, qualifications, sprints et Grands Prix pour les abonnés ; certaines courses et toutes les séances d’essais sont accessibles gratuitement dans l’application. Apple promet de relayer la discipline sur Apple News, Apple Maps, Apple Music et Apple Fitness+. Le montant du contrat n’a pas été publié. [4]

Stefano Domenicali avait lui-même fait le lien : « Nous ne sommes pas des inconnus l’un pour l’autre, après avoir passé les trois dernières années à travailler ensemble pour créer F1 The Movie. » Le changement de diffuseur n’est pas sans risque : selon BlackBook Motorsport, le passage d’ESPN à Apple devait réduire l’exposition de la F1 et son audience disponible aux États-Unis, au moins à court terme. [4][5]

ANALYSE OHMAZIN — Damson Idris relie désormais trois actifs : le film d’Apple, la marque F1 et sa diffusion américaine sur Apple TV. Aucune source ne dit qu’Apple participe à son contrat d’ambassadeur. Mais pour une diffusion payante qui doit recruter des abonnés au-delà des fans historiques, le visage du film de sport aux plus fortes recettes de l’histoire est un argument tout trouvé.

Durée, cachet, calendrier : ce que F1 n’a pas publié

La durée de l’accord, la rémunération de Damson Idris, une éventuelle exclusivité et la liste des Grands Prix où il doit apparaître ne sont pas publiées. OHMAZIN n’a pas vérifié ses apparitions dans le paddock depuis février. Les 827 millions de fans sont une estimation de F1. Les recettes du film viennent d’Apple et de F1. [1][4][5]

Prochaine échéance : le Grand Prix des États-Unis, à Austin, du 23 au 25 octobre, après celui de Singapour, remporté par Max Verstappen le 11 octobre. Avant Las Vegas, ce sera l’avant-dernière course de la première saison d’Apple sur le sol américain. F1 n’a pas annoncé si son ambassadeur y sera. [10]

Transparence : OHMAZIN est édité par SYNERHEX, qui travaille avec Treyler.

Sources

  1. Formula 1 — « Formula 1 welcomes Damson Idris as Global Brand Ambassador », annonce officielle avec les déclarations de Stefano Domenicali et Damson Idris, 25 février 2026
  2. Variety — « Damson Idris Named Formula 1 Global Ambassador », Jazz Tangcay, 25 février 2026
  3. Motorsport.com — « "F1" movie star Damson Idris becomes Formula 1 global brand ambassador », Lydia Mee, 25 février 2026
  4. Apple Newsroom — « Apple is the exclusive new broadcast partner for Formula 1 in the U.S. », communiqué avec les déclarations d’Eddy Cue et Stefano Domenicali, 17 octobre 2025
  5. BlackBook Motorsport — « F1 2025 in numbers: Epic title battle delivers record audience growth and commercial gains », Cian Brittle, 22 décembre 2025
  6. Liberty Media — « Liberty Media Corporation Reports Fourth Quarter and Year End 2025 Financial and Operating Results », communiqué de résultats, 26 février 2026
  7. Treyler — fiche du film « F1® Le Film » (Joseph Kosinski, 2025) et sa bande-annonce
  8. Treyler — fiche de la série « Snowfall » (2017, six saisons)
  9. Treyler — fiche de la docu-série « Formula 1 : Pilotes de leur destin » (Drive to Survive, Netflix, 2019)
  10. Formula 1 — calendrier officiel de la saison 2026