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EXOBOT : une voiture saoudienne, une valeur encore importée

Le 21 septembre, Mohammed ben Salmane a dévoilé les EXOBOT de CEER, berline et SUV électriques de 850 chevaux. Le badge est saoudien ; plateforme, moteurs et licence viennent de Foxconn, Rimac, Hyundai Transys et BMW. Livraisons en mars 2027, deux ans après la promesse initiale.

Par Waymar

· 5 min de lecture, mis à jour le

La berline et le SUV électriques CEER EXOBOT présentés côte à côte dans un décor sombre.
CEER présente les EXOBOT Sedan et SUV, deux véhicules électriques conçus comme les porte-drapeaux de la marque saoudienne. CEER — photo officielle · Droits réservés — CEER, usage éditorial

Deux modèles, des performances annoncées par le constructeur

Les deux EXOBOT partagent une architecture à trois moteurs et quatre roues motrices développant 850 chevaux et 1 000 Nm. CEER annonce un 0 à 100 km/h en 2,6 secondes pour la berline et 2,9 secondes pour le SUV. La batterie de 112 kWh repose sur une architecture 800 volts, avec une recharge de 10 à 80 % en moins de trente minutes. L’autonomie annoncée atteint 670 km pour la berline et 560 km pour le SUV.

Electrek précise que ces autonomies sont mesurées selon le cycle NEDC, plus favorable que le cycle WLTP utilisé en Europe. Ces chiffres restent ceux du constructeur : aucun essai indépendant n’a encore été publié, et aucun prix n’a été annoncé. Le design revendique une inspiration saoudienne : 32 barres lumineuses en référence à 1932, année de l’unification du royaume, et des portes en ailes inspirées du vol du faucon. CEER revendique aussi le plus grand pare-brise monté en série, long de 2,4 mètres. Selon Semafor, le prince héritier a personnellement pesé sur le dessin des deux modèles.

Le SUV CEER EXOBOT dévoilé sur une scène éclairée devant le public.
Le SUV EXOBOT lors de la présentation officielle organisée par CEER en Arabie saoudite.CEER — photo officielle · Droits réservés — CEER, usage éditorial

Qui fabrique quoi : les partenaires de CEER

CEER n’a jamais caché ses appuis étrangers. À son lancement, en novembre 2022, la marque a été présentée comme une coentreprise entre le Fonds public d’investissement saoudien (PIF) et le taïwanais Foxconn (Hon Hai), chargé de l’architecture électrique, avec une licence sur des technologies de composants de BMW.

Selon BMWBlog, la plateforme et l’architecture électrique des EXOBOT viennent de Foxconn, le moteur arrière de Rimac Technology et les moteurs avant de Hyundai Transys ; la licence BMW porte sur des technologies, pas sur la fourniture de la chaîne de traction. Electrek confirme les accords conclus avec Hyundai Transys en juin 2024 et avec Rimac. BMWBlog attribue le design à une équipe issue de McLaren, menée par Rob Melville. CEER cite pour sa part le PIF, Foxconn et le groupe chimique saoudien SABIC parmi ses partenaires. La marque assemble donc des briques technologiques venues de Taïwan, de Corée du Sud, de Croatie et d’Allemagne ; l’enjeu national porte sur la fabrication, l’intégration et la montée du contenu local.

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Une usine saoudienne, un calendrier décalé

Les voitures seront produites au complexe industriel de CEER, près de Djeddah, dont la capacité est évaluée à 240 000 véhicules par an selon Semafor. La Saudi Press Agency présente le lancement comme un moyen de renforcer la place du royaume dans l’industrie automobile mondiale, un objectif inscrit dès 2022 dans le plan de diversification Vision 2030.

En 2022, les premiers véhicules étaient promis pour 2025. Selon Semafor, le directeur général James DeLuca vise désormais un démarrage de la production début 2027 et des premières livraisons en mars. Il assure que l’entreprise est « entièrement financée » par le PIF, sans préciser les montants investis ni l’horizon de rentabilité. Le taux de contenu local doit passer de 18 % à 45 % d’ici 2034. CEER prévoit sept modèles d’ici 2030, dont des véhicules moyens et compacts.

Notre lecture — Le badge est saoudien, la valeur technologique l’est encore peu. Plateforme Foxconn, moteurs Rimac et Hyundai Transys, licence BMW : une bonne part de ce qui fait une voiture électrique vient de partenaires étrangers. Le PIF, lui, porte le financement, sans montant publié ni horizon de rentabilité. Le royaume ne captera vraiment la valeur que si le contenu local passe bien de 18 % à 45 % d’ici 2034. D’ici là, EXOBOT est d’abord une vitrine industrielle.

La console centrale et les commandes de l’habitacle du CEER EXOBOT.
L’habitacle EXOBOT met en avant une console sculptée et une interface numérique intégrée.CEER — visuel officiel · Droits réservés — CEER, usage éditorial

L’Europe n’est pas au programme

Les ventes commenceront par le haut de gamme en Arabie saoudite, avant une extension aux autres marchés du Golfe en 2028, rapporte Semafor. BMWBlog indique que les deux modèles sont homologués pour les seuls marchés du Golfe. Aucune commercialisation en France ou en Europe n’est annoncée, même si Electrek mentionne des essais de prototypes en Europe plus tôt en 2026. Pour les constructeurs européens, EXOBOT n’est donc pas un concurrent direct à court terme.

Le vrai test sera industriel. Semafor rappelle que de précédentes tentatives d’implanter une production automobile dans le royaume, avec Jaguar Land Rover ou Toyota, n’ont pas abouti. Si CEER tient son calendrier et atteint des volumes significatifs, l’Arabie saoudite aura créé un actif industriel hors pétrole. Les jalons à suivre sont connus : prix, homologations, premières livraisons et part réelle de production locale.

Sources

  1. CEER — EXOBOT: Bold, Extraordinary, Saudi, présentation officielle des EXOBOT Sedan et SUV
  2. Saudi Press Agency — le prince héritier lance les modèles phares de CEER
  3. Electrek — Ceer unveils its EXOBOT EVs, Saudi Arabia’s first electric SUV and sedan, Peter Johnson, 21 septembre 2026
  4. Semafor — Saudi’s Ceer unveils first EVs in push to become autos hub, 22 septembre 2026
  5. BMWBlog — Ceer Exobot Debuts As Saudi Arabia’s First Production EV With a BMW Tech License, Horatiu Boeriu, 21 septembre 2026
  6. TechCrunch — iPhone maker Foxconn and Saudi Arabia are going into the EV business, Kirsten Korosec, 3 novembre 2022
Business
Waymar

Fondateur d’OHMAZIN. Entrepreneur et créatif, Waymar signe les articles du média sur les deals, les marques, le cinéma et les séries, le sport business, la tech et les sneakers.

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