Adidas va-t-il rhabiller l’Olympique de Marseille dès l’été 2027 ? Le site spécialisé Footy Headlines l’affirme depuis le 25 septembre : l’accord serait conclu, un an avant la fin du contrat avec Puma, pour 40 à 50 millions d’euros par an. RMC Sport parle plus prudemment d’une « forte probabilité » et de discussions en cours. Ni l’OM, ni Adidas, ni Puma n’ont rien annoncé. [1][2]
Ce qui est établi, ce qui ne l’est pas
Le 5 août, RMC Sport révélait qu’Adidas deviendrait l’équipementier de l’OM à la fin du contrat avec Puma, prévue en juin 2028. Le club n’avait ni confirmé ni démenti. Le même jour, l’AFP confirmait l’information auprès d’une source au fait des discussions, selon laquelle « Adidas revient à partir de 2028-2029 » ; l’OM n’avait pas souhaité commenter. La durée et le montant du futur contrat n’étaient pas connus. [3][4]
La nouveauté de septembre porte sur le calendrier. Footy Headlines écrit que l’OM a cherché à négocier une résiliation anticipée ou le rachat de la dernière année du contrat Puma, puis, dans une mise à jour du 25 septembre, que « l’accord est conclu » pour un retour d’Adidas dès 2027-2028. Le 26 septembre, RMC Sport évoque des discussions entre Adidas et Puma pour anticiper le changement d’un an, sans parler de signature, et précise que l’OM « ne veut pas communiquer sur le sujet pour le moment ». [1][2]
Des titres ont été plus loin que leurs sources. Foot01 affirme, par exemple, que le président de l’OM, Stéphane Richard, « signe un contrat historique », en s’appuyant sur RMC. Or l’article de RMC Sport ne mentionne aucune signature. À ce jour, aucun communiqué n’a été publié par l’OM, par Adidas ou par Puma. [2][5]
40 à 50 millions : qui avance quels chiffres
Le montant de 40 à 50 millions d’euros par an apparaît le 6 août chez Foot Mercato, qui décrit une part fixe et une part variable, sans citer sa source. Footy Headlines reprend la même fourchette. L’AFP s’en tient à la formule de sa source : une hausse « très significative, presque doublée par rapport à Puma ». RMC Sport ne donne aucun chiffre et parle d’un contrat « beaucoup plus lucratif » et de longue durée. Le JDD, le 20 septembre, écrit qu’Adidas devrait équiper l’OM « dès l’an prochain », en remplaçant « avantageusement » Puma. [1][2][4][6][7]
La base de comparaison reste elle aussi une estimation. En 2017, le contrat Puma signé pour cinq ans à partir de 2018 était évalué à environ 14 à 15 millions d’euros par saison. En décembre 2021, l’OM l’a prolongé jusqu’en 2028. Pablo Longoria, alors président, parlait d’une « feuille de route ambitieuse ». Le montant de la prolongation n’a pas été rendu public. [8][9]
Un contrat vital pour un club sous surveillance
Le calendrier n’est pas neutre. Le 17 juin, l’instance de contrôle financier de l’UEFA a infligé à l’OM 10 millions d’euros d’amende : 6 millions pour ne pas avoir respecté l’accord conclu en 2022 sur ses résultats, 4 millions pour une masse salariale supérieure à 70 % de ses revenus en 2025. Le club sera exclu de la prochaine compétition européenne à laquelle il se qualifiera dans les trois saisons s’il ne tient pas ses objectifs en 2026-2027. L’UEFA évoque au passage l’effondrement important et inattendu des droits TV domestiques des clubs français. [10]
Selon le JDD, l’OM a perdu 105 millions d’euros sur l’exercice 2025. La DNCG, le gendarme financier du football français, l’oblige à réduire de près de moitié sa masse salariale, et le club n’a pas pu recruter cet été. Frank McCourt aurait investi environ 750 millions d’euros depuis 2016 et en aurait de nouveau injecté 120 millions au premier semestre, avant de « fermer le robinet ». Chaque année avancée avec Adidas rapporterait, si les estimations se vérifient, 20 à 25 millions d’euros de plus. Le coût de la sortie anticipée de Puma n’a en revanche été chiffré par aucun média. [1][7]
Des sites de supporters relient le contrat Adidas à une vente du club. C’est une spéculation. Le JDD écrit que McCourt, 73 ans, « ne veut pas lâcher » l’OM et cherche des partenaires stratégiques. L’hebdomadaire mentionne aussi des « pistes menant au golfe Persique » pour trouver de nouvelles ressources, sans parler de cession ni nommer d’investisseur. [7]
Où se situerait l’OM face à Paris, Lyon et la Premier League
À 40 à 50 millions d’euros, l’OM aurait le deuxième contrat d’équipementier de Ligue 1, loin derrière le PSG : en 2019, Paris a prolongé avec Nike jusqu’en 2032 pour environ 80 millions d’euros par an, selon ICI (ex-France Bleu), contre 25 millions auparavant. L’OL, équipé par Adidas depuis 2010, a prolongé en février 2024 jusqu’en 2029 sans publier de montant. [11][12]
En Angleterre, les ordres de grandeur changent. Selon SportsPro, Puma verserait 100 millions de livres par saison à Manchester City depuis la prolongation de juillet 2025, tandis qu’Adidas a signé avec Manchester United un contrat de 900 millions de livres sur dix ans. [13]
Ce que ça change pour les supporters et pour Puma
Pour les supporters, rien ne change à court terme : les maillots 2026-2027 restent signés Puma, vendus 100 euros en version réplique adulte, 80 euros en taille enfant et 150 euros en version « Authentic » sur la boutique de la marque. Les prix d’un futur maillot Adidas ne sont pas connus. Un contrat plus cher pour l’équipementier ne se traduit pas mécaniquement par un maillot plus cher, mais la marque devra rentabiliser sa mise par les ventes. Reste aussi la question des boutiques : en 2017, selon Inside World Football, la gestion par Adidas des magasins du club, que l’OM voulait reprendre, avait pesé dans la rupture. [8][14]
Pour Adidas, l’enjeu dépasse le chiffre. La marque a équipé l’OM de 1974 à 2018, sauf entre 1994 et 1996, dont le maillot de la victoire en Ligue des champions de 1993 et celui du titre de 2010. Bernard Tapie puis Robert Louis-Dreyfus ont dirigé à la fois l’OM et Adidas. Foot Mercato rappelle que la marque vient de lancer une campagne d’affichage dans les quartiers Nord de Marseille avec Zinedine Zidane. [3][6]
Pour Puma, ce serait la perte de sa vitrine en Ligue 1 au moment où le groupe se transforme. Le chinois Anta a signé en janvier le rachat de 29,06 % de son capital à la famille Pinault pour 1,5 milliard d’euros, une opération attendue d’ici fin 2026, et le directeur général Arthur Hoeld vise une place dans le « top 3 » mondial des marques de sport. La marque garde son contrat le plus élevé en Angleterre, avec Manchester City. [13][15]
Sources
- Footy Headlines FR — « AFFAIRE CONCLUE : Adidas prendra le relais de Marseille dès la saison 27-28 », 26 septembre 2026 (mise à jour du 25 septembre)
- RMC Sport — « Adidas équipementier de l’OM dès la saison prochaine ? Voici où en sont les discussions », Florent Germain, 26 septembre 2026
- RMC Sport — « INFO RMC SPORT. Adidas sera l’équipementier de l’OM à la fin du contrat avec Puma », Florent Germain, 5 août 2026
- AFP, via FashionNetwork — « Football : Adidas remplacera Puma comme équipementier de l’OM à partir de la saison 2028/29 », 5 août 2026
- Foot01 — « OM : RMC l’annonce, Richard signe un contrat historique », Corentin Facy, 27 septembre 2026
- Foot Mercato — « OM : le pactole se précise avec le nouvel équipementier », Maxime Barbaud, 6 août 2026
- Le JDD — « Olympique de Marseille : depuis six mois, plus rien n’est classique », 20 septembre 2026
- Inside World Football — « OM closes book on their Adidas era, focussing on a new future with Puma », 24 mars 2017
- Goal France — « Officiel : l’OM prolonge l’aventure avec Puma », 17 décembre 2021
- UEFA — « Update on clubs under a settlement agreement in 2025/26 », Instance de contrôle financier des clubs (ICFC), 17 juin 2026
- ICI (ex-France Bleu) — « Le PSG et Nike prolongent l’aventure jusqu’en 2032 », Bruno Salomon, 28 juin 2019
- Olympique-et-Lyonnais.com — « L’OL et Adidas prolongent leur partenariat jusqu’en 2029 », 6 février 2024
- SportsPro — « Manchester City sign ‘UK£1bn’ Puma kit deal extension », 15 juillet 2025
- Puma — boutique officielle, rayon « Olympique de Marseille », prix des maillots 2026-2027 consultés le 28 septembre 2026
- WWD — « After Much Speculation, Anta Sports Scoops Up 29% Puma Stake in $1.8 Billion Deal », 27 janvier 2026
