Mobile.club et Next Mobiles ont annoncé en février 2026 leur fusion et un financement de 31 millions d’euros en dette auprès de Smart Lenders Asset Management. Le nouvel ensemble revendique plus de 70 000 abonnements actifs. L’opération illustre la structuration de la location de smartphones en France, mais le modèle reste exposé au coût de la dette et à une concurrence nombreuse.
Une fusion financée par de la dette, pas par une levée de capital
Annoncée le 13 février 2026, l’opération réunit deux acteurs français de la location de smartphones par abonnement. Selon Maddyness, elle prend la forme d’une fusion avec échange de titres et s’accompagne de 31 millions d’euros levés en dette auprès de Smart Lenders Asset Management. La nuance compte : il ne s’agit pas d’une augmentation de capital, mais d’un financement qui devra être remboursé. Le cabinet Ashurst, qui a conseillé le prêteur, décrit une émission d’obligations par une structure dédiée détenant les appareils financés et les contrats de location ; l’opération refinance des actifs existants et permet de financer les appareils de Next Mobiles dans le cadre de la fusion.
Le nouvel ensemble regroupe trois marques : Mobile.club et Next Mobiles pour les particuliers, Cleaq pour les entreprises. Damien Morin, fondateur de Mobile.club, en prend la direction ; il y voit, dans Maddyness, « une fusion entre deux concurrents de longue date », dont les actionnaires se retrouvent au capital de la nouvelle entité. Cleaq, issue d’une acquisition antérieure de Mobile.club, reste la marque dédiée aux entreprises ; une convergence des deux marques grand public est annoncée pour 2026.
Des chiffres déclarés, un statut de leader à démontrer
Tous les indicateurs de l’opération proviennent des sociétés elles-mêmes. Dans l’annonce publiée sur son blog, Mobile.club évoque 70 000 clients actifs, 30 millions d’euros de revenus annuels récurrents consolidés dès 2025 et la « naissance d’un acteur de référence ». Les deux entreprises disent vouloir créer un « champion français » de la location longue durée d’appareils électroniques, rapporte Écran Mobile. Aucune donnée publique indépendante sur les parts de marché ne permet, à ce stade, de confirmer un rang de leader.
L’objectif de 100 millions d’euros de revenus annuels récurrents d’ici à 2030, avec l’Allemagne, le Royaume-Uni et l’Espagne comme premiers marchés visés, relève des ambitions affichées par la direction. C’est une trajectoire, pas un résultat : elle suppose de plus que tripler l’activité en cinq ans tout en finançant un parc d’appareils croissant. Ces objectifs sont détaillés par Maddyness.

Pourquoi la location de smartphones attire
Le modèle s’appuie sur deux tendances documentées. La première tient au prix : les smartphones haut de gamme dépassent désormais 1 000 euros, note Écran Mobile, ce qui rend un paiement mensuel attractif pour une partie des clients. La seconde est environnementale. Selon l’étude de l’Ademe et de l’Arcep, un équipement numérique a déjà produit près de 80 % de ses émissions de gaz à effet de serre avant sa mise en service, et l’allongement de la durée de vie, par la réparation et le reconditionnement, constitue un levier important. L’actualisation relayée en janvier 2025 par le site gouvernemental Numérique écoresponsable attribue la moitié de l’impact carbone du numérique en France à la fabrication et au fonctionnement des terminaux.
L’argument environnemental dépend toutefois de ce que deviennent les appareils rendus. C’est leur remise en circulation après reconditionnement qui prolonge leur durée d’usage, pas l’abonnement en lui-même.
Les risques du modèle
La location repose sur un équilibre financier exigeant : l’entreprise achète les appareils, les finance en grande partie par la dette et se rembourse mois après mois. Sa rentabilité dépend du coût de cet endettement, du taux de résiliation, des impayés, de la casse et de la valeur de revente des appareils en fin de contrat. Services Mobiles pointe aussi la concurrence d’opérateurs historiques comme Orange, d’Apple et de plateformes du reconditionné comme Back Market, ainsi que la question de la rentabilité à grande échelle.
La fusion apporte des leviers identifiés par les deux sociétés : centraliser le reconditionnement et la réparation, et peser davantage lors des achats d’appareils, selon Écran Mobile. Reste à réussir le rapprochement de deux marques grand public jusque-là concurrentes sans dégrader le service rendu aux abonnés.
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