Six mois après l’annonce, la collection de John Galliano pour Zara arrive en boutique. Baptisé Re{form}, le premier volume compte 35 silhouettes taillées dans les archives de la marque espagnole. Les prix vont de moins de 20 euros pour une écharpe à 719 euros pour une robe du soir, selon WWD. La vente ouvre ce 1er octobre à 10 heures sur zara.com et dans deux vaisseaux amiraux, à Madrid et à Londres. [1][2][3]
Ce qui sort aujourd’hui, et où
Re{form} Vol. 1 réunit 35 silhouettes pour homme et pour femme : manteaux, redingotes, robes, jupes, chemises, mais aussi des richelieus, des boots, des escarpins, des chapeaux et un sac baptisé Tri Chic, décliné en plusieurs tailles. Chaque look porte un nom français inspiré des Incroyables et des Merveilleuses, les dandys de la France post-révolutionnaire. Les images de campagne sont signées Steven Meisel. [1]
La vente commence ce jeudi sur zara.com et dans les vaisseaux amiraux de Madrid et de Londres. À Paris, Zara occupe du 1er au 6 octobre un hôtel particulier du 70, rue des Archives, dans le Marais : un parcours sur rendez-vous, réservé via un formulaire en une du site, qui montre les carnets de croquis du couturier et le travail sur les pièces d’archives. La vidéo de lancement diffusée par la marque fixe l’heure : « October 1st / 10:00 CEST ». [1][2][3]
Zara a annoncé la date lundi sur ses réseaux sociaux, avec une vidéo en noir et blanc signée « Authored by Couturier John Galliano. Built from our Memory, Made for Now. », selon l’agence EFE. Mercredi soir, Marta Ortega Pérez, présidente non exécutive d’Inditex, coorganisait un dîner autour de la collection, rapporte WWD. [2][6]
Qui possède quoi
Le cadre a été posé le 17 mars : un partenariat créatif de deux ans, au cours duquel Galliano doit « réécrire » les archives de Zara à travers une série de collections saisonnières, en déconstruisant des vêtements de saisons passées pour en faire de nouvelles pièces. Le premier lancement était alors annoncé pour septembre ; il glisse au 1er octobre. [7]
Concrètement, les pièces restent des produits Zara : elles partent de modèles existants de la marque et sont vendues sous l’étiquette « Re{form} Zara », sur ses canaux. Galliano apporte la signature et la méthode, celle d’une « couture d’avant-garde » qui découpe, agrandit, rétrécit et réassemble, selon le communiqué de l’enseigne. Ni Zara ni le couturier n’ont communiqué sur sa rémunération, fixe ou variable. Interrogé par WWD, Galliano résume son intention : il ne voulait pas « simplifier » la collection pour la rendre plus accessible. [1][2][3]
Jusqu’à 719 euros la robe
Ces prix prolongent une stratégie connue. Dès mars, Glossy relevait que les collaborations passées de Zara, avec Samuel Ross ou Kate Moss, avaient déjà repoussé son plafond de prix, les pièces les plus chères atteignant souvent deux à quatre fois celles de la gamme principale. Pour FashionNetwork, Zara mène depuis plusieurs saisons « une impressionnante montée en gamme à marche forcée » et vient désormais « jouer sur le terrain des acteurs du luxe ». [1][8]
Ce que ça peut rapporter à Inditex
Le groupe ne publiera pas les ventes de Re{form}. Ses comptes donnent l’échelle : au premier semestre 2026 (février à juillet), Inditex a vendu pour 19,8 milliards d’euros, en hausse de 7,6 %, pour un bénéfice net de 3 milliards. L’ensemble Zara, qui inclut Zara Home et Lefties, pèse 13,8 milliards de ces ventes. La marge brute atteint 58,7 %, et le groupe vise une marge stable pour l’année, à plus ou moins 0,5 point. Entre le 1er août et le 7 septembre, les ventes ont progressé de 9 % à taux de change constants. [4]
À cette échelle, une capsule de 35 silhouettes compte peu en volume. Ce qu’Inditex achète, c’est de la désirabilité et du pouvoir de prix. Le conseiller en mode David M. Watts, cité par Glossy, y voit une manière de capter les clients « aspirationnels » que le luxe a exclus par ses prix. Sur l’exercice 2025, le groupe avait réalisé 39,9 milliards d’euros de ventes (+3,2 %) et 6,2 milliards de bénéfice net, selon Glossy. [8]
Un pari d’image assumé
Le lancement intervient un mois après un revers pour le couturier. Le 31 août, Galliano a annoncé sur Instagram renoncer à la rétrospective que le Costume Institute du Metropolitan Museum of Art devait lui consacrer au printemps 2027, en lien avec le Met Gala, après une vague de critiques. [5][6]
En cause, ses propos antisémites et racistes de 2011, filmés dans un bar parisien, qui lui avaient valu d’être licencié de Dior, dont il était le directeur artistique depuis quinze ans, puis d’être condamné en France. Il était revenu en 2014 chez Maison Margiela, qu’il a dirigée artistiquement pendant dix ans. Selon EFE, Zara a maintenu son calendrier et « soutient le créateur, au-delà des polémiques ». [6]
Ce que ça change pour le public français
En France, la collection s’achète en ligne : la vente physique annoncée se limite à Madrid et à Londres, et le lieu parisien est d’abord une exposition sur rendez-vous. Les prix pièce par pièce n’étaient pas encore affichés au moment de la publication de FashionNetwork. Le contrat prévoyant des collections saison après saison pendant deux ans, d’autres volumes de Re{form} devraient suivre. [1][7]
Sources
- FashionNetwork — « Re{form} : Zara dévoile le premier volet de sa collaboration avec John Galliano », Olivier Guyot, 1er octobre 2026
- WWD — « EXCLUSIVE: John Galliano’s Zara Collection Has Landed, Quietly, in a Paris Mansion », Miles Socha, 30 septembre 2026
- Zara — vidéo officielle « Re{form} Zara, Vol. 1 » (lancement le 1er octobre à 10 h), page d’accueil zara.com, consultée le 1er octobre 2026
- Inditex — communiqué « Interim Half Year 2026 Results », 9 septembre 2026
- WWD — « John Galliano Retrospective at The Met Canceled », Miles Socha, 31 août 2026
- EFE, via FashionNetwork — « Zara lancera le 1er octobre le premier volet de sa collaboration avec John Galliano », traduit par Cécile Herrero, 29 septembre 2026
- FashionUnited — « John Galliano is joining forces with Spanish retailer Zara », Danielle Wightman-Stone, 17 mars 2026
- Glossy — « Luxury Briefing: Zara bets on Galliano to up its pricing power », Zofia Zwieglinska, 20 mars 2026
