Selon L’Équipe, la famille Kita et un groupe d’investisseurs français et portugais seraient entrés dans une phase « très avancée » de négociation pour la vente du FC Nantes, autour de 100 millions d’euros. Aucun accord n’a été annoncé. Le prix évoqué interroge : le club, relégué en Ligue 2, évolue dans un football français privé d’une grande partie de ses droits TV. [1][2][3]

Des négociations « très avancées », selon L’Équipe

D’après L’Équipe, repris jeudi par Tribune Nantaise, les discussions entre la famille Kita et un groupe d’investisseurs français et portugais ne relèveraient plus de simples prises de contact. Le quotidien évoque un prix avoisinant 100 millions d’euros et indique que le club ne présenterait pas de dette, un élément qui faciliterait le dossier. Aucun calendrier n’est avancé. [1][2]

Au centre du projet figurerait Paulo Tavares, présenté par Tribune Nantaise comme un ancien agent portugais impliqué par le passé dans plusieurs projets de reprise de clubs professionnels. But! Football Club précise qu’il a pris part, sans succès, à des tentatives de reprise à Valenciennes et à Saint-Étienne. Le même site rappelle que le FC Nantes est descendu en Ligue 2 en mai 2026. [2][3]

Un écart de prix qui se serait resserré

La veille, Foot Mercato, citant Télénantes et L’Équipe, faisait état d’une lettre d’intention signée et d’un écart important : une première offre des repreneurs située entre 30 et 40 millions d’euros, face à une demande de 95 millions de Waldemar Kita. Les propositions des candidats tendraient depuis vers 100 millions. [4]

Waldemar Kita, 73 ans, avait lui-même entrouvert la porte. Dans un entretien accordé à Presse Océan à la mi-septembre, cité par Mediacités, il estimait qu’un repreneur apporterait « peut-être une vision différente, une nouvelle dynamique ». Mediacités fait état de trois projets à l’étude. OHMAZIN n’a trouvé aucune communication officielle du club sur l’état des négociations. [5]

De 10 à 100 millions d’euros : un multiple en trompe-l’œil

Selon Mediacités, Waldemar Kita avait racheté le club au groupe Dassault pour environ 10 millions d’euros en 2007, et affirme y avoir injecté 200 millions d’euros en deux décennies. Rapporté au seul prix d’achat, un prix de 100 millions représenterait un multiple de dix. Rapporté aux sommes que le propriétaire dit avoir investies, il ne couvrirait pas sa mise : 100 millions, face à quelque 210 millions revendiqués au total. Ce montant d’investissement est une déclaration du propriétaire, non vérifiée de manière indépendante. [5]

Des droits TV domestiques divisés par plus de deux

En 2024, la Ligue de football professionnel avait attribué les droits domestiques de la Ligue 1 pour 2024-2029 à DAZN et beIN Sports, pour 500 millions d’euros par saison, dont 400 millions pour DAZN, selon News Tank Sport. [6]

Le contrat n’a pas tenu. Pour 2025-2026, Le Petit Lillois, s’appuyant sur L’Équipe, chiffre à 205,5 millions d’euros brut les droits domestiques, dont 85 millions d’indemnité de résiliation versée par DAZN. Seuls 80,5 millions reviennent aux 18 clubs de Ligue 1 après prélèvements. Le président du LOSC, Olivier Létang, y détaille la chute pour Lille : 36 millions d’euros en 2023-2024, 21 millions en 2024-2025, 10 millions en 2025-2026. Pour 2026-2027, le même site rapporte que les clubs devraient toucher à peu près autant, Ligue 1+, la chaîne de la Ligue, diffusant désormais tous les matchs. Relégué, le FC Nantes ne perçoit pas cette saison la part réservée à l’élite. [7][8]

Analyse OHMAZIN : un prix qui parie sur la remontée

Notre lecture : si le chiffre de 100 millions se confirmait, il ne refléterait pas les revenus télévisés actuels d’un club de Ligue 2. Il parierait sur une remontée rapide, sur la marque d’un club octuple champion de France et sur une absence de dette que L’Équipe est seule à avancer à ce stade. Pour Waldemar Kita, l’opération ressemblerait moins à une plus-value qu’à une sortie, au regard des 200 millions qu’il dit avoir investis. [1][5]

Le profil des candidats s’inscrit dans un mouvement plus large d’investissements étrangers. Selon Football Benchmark, sur la saison 2023-2024, cinq clubs de Ligue 1 étaient contrôlés par des propriétaires américains : Strasbourg, Lyon, Marseille, Toulouse et Le Havre. À surveiller : l’identité complète des investisseurs, l’origine des fonds et l’examen du dossier par la DNCG, le gendarme financier du football français, si un accord venait à être signé. [9]

Sources

  1. L’Équipe — « La vente du FC Nantes avance, un accord se dessine avec des investisseurs français et portugais », septembre 2026
  2. Tribune Nantaise — « FC Nantes : la vente du club serait entrée dans une phase très avancée (L’Équipe) », Baptiste Billaud, 25 septembre 2026
  3. But! Football Club — « FC Nantes : une vente record à 100 M€ se dessine pour Waldemar Kita ! », Louis Chrestian, 25 septembre 2026
  4. Foot Mercato — « La vente du FC Nantes se précise ! », Josué Cassé, 24 septembre 2026
  5. Mediacités — « Le FC Nantes est à vendre, mais pour quel montant ? », Thibault Dumas, 24 septembre 2026
  6. News Tank Sport — « Ligue 1 : officialisation de l’attribution des droits TV 2024-2029 à DAZN et beIN (500 M€/an) », 1er août 2024
  7. Le Petit Lillois — « Droits TV 2025-2026 : une somme historiquement basse à se partager pour les clubs de Ligue 1 », d’après L’Équipe, 20 août 2025
  8. Le Petit Lillois — « Sans DAZN ni beIN Sports… Quels revenus issus des droits TV pour les clubs la saison prochaine ? », 30 avril 2026
  9. Football Benchmark — « Foreign controlling ownership in the European Big Five leagues », données 2023-2024