Manchester City a été jugé coupable sur 114 des 115 chefs d’accusation portés par la Premier League pour des infractions à ses règles financières, a révélé vendredi 25 septembre David Ornstein, de The Athletic ; la BBC dit tenir de ses propres sources que le club a été reconnu coupable de la majorité des charges. Ni la ligue ni la commission indépendante n’ont publié de décision, et aucune sanction n’a été prononcée. Le club, propriété depuis 2008 de l’Abu Dhabi United Group du cheikh Mansour, nie toute faute et prépare la suite. [2][3][4][6]

Ce qui a été révélé

L’audience s’était tenue du 16 septembre au 6 décembre 2024 à Londres, devant une commission indépendante de trois membres, selon Sky Sports. Près de deux ans plus tard, The Athletic affirme que cette commission a retenu tous les chefs sauf un ; la BBC dit tenir de ses sources que la majorité des charges ont été retenues. Le nom des trois juges n’est pas connu : il ne le sera, selon la BBC, qu’à la publication du jugement écrit. En février 2023, la Premier League s’était engagée à publier la décision finale sur son site. [3][4][9]

Les 115 chefs se répartissent ainsi, selon le décompte de la BBC : 54 pour ne pas avoir fourni d’informations financières exactes, 14 sur la rémunération de joueurs et d’un entraîneur, 5 pour non-respect des règles de l’UEFA, dont le fair-play financier, 7 pour infraction aux règles de rentabilité et de durabilité de la Premier League, et 35 pour défaut de coopération à l’enquête, de décembre 2018 à février 2023. Le chef écarté par la commission n’a pas été précisé. [3][8]

Ce que risque le club

Toutes les options restent ouvertes, rappelle la BBC : retrait de points, immédiat ou avec sursis, sanction financière, voire exclusion de la Premier League. Sky Sports souligne que la ligue n’a pas de grille de sanctions pour ses règles financières ; son directeur général, Richard Masters, avait évoqué en février 2025 la création d’un tel barème, qui n’existe toujours pas. Les précédents récents portent sur une seule infraction : en 2023-2024, Everton avait perdu 6 points (10 en première instance) puis 2, et Nottingham Forest 4. Chelsea, poursuivi pour 74 infractions liées à des transferts, avait conclu un accord avec la ligue et payé 10 millions de livres d’amende après avoir reconnu des paiements cachés et s’être dénoncé lui-même. City, lui, a toujours contesté. [3][4]

Pour David Bernstein, président de City de 1998 à 2003, interrogé par l’AFP, « l’argent n’est pas suffisant » et il faudra une sanction « plus radicale ». Les titres de la période sont aussi en jeu : trois championnats (2012, 2014, 2018), une FA Cup (2011) et trois Coupes de la Ligue. Plusieurs clubs de Premier League ont déjà consulté des avocats en vue d’une indemnisation, et un précédent existe : Everton a été condamné cette année à verser 35 millions de livres à Burnley, intérêts compris, pour une infraction aux règles financières. [3][7]

Manchester City peut-il être relégué ?

Rien n’est décidé. Selon la BBC, une exclusion ferait perdre au club sa place en Premier League et le rétrograderait en fin de saison ; un retrait de points assez lourd pourrait produire le même effet. Mais les sanctions ne sont pas encore fixées et l’appel peut tout modifier. [3]

L’appel, prochaine étape

Vendredi, le club a répondu que la procédure « reste en cours, avec des étapes importantes à accomplir », et qu’il l’avait respectée pendant huit ans en comptant sur une ligue « indépendante, impartiale » et « libre de toute influence partisane ». Samedi, son président, Khaldoon Al Mubarak, a écrit aux supporters que la procédure avait « encore un long chemin à parcourir » et que la volonté de prouver l’innocence du club restait intacte, tout en disant ne rien pouvoir dévoiler en raison de la confidentialité. Sky Sports indique que le dossier passe à la phase d’appel. [5][6]

Les deux parties disposent de 14 jours après le jugement pour faire appel, selon Sky Sports. Le recours est examiné par un collège de trois membres, dont un ancien magistrat, nommé par Sir Gary Hickinbottom, président du panel judiciaire indépendant ; il peut confirmer, annuler ou modifier la décision, et ses audiences sont elles aussi confidentielles. Contrairement à 2020, City ne pourra pas saisir le Tribunal arbitral du sport. Sa défense est menée par Lord Pannick, l’avocat qui avait fait tomber l’exclusion européenne. La BBC juge impossible de prévoir la fin de la procédure. [3][4]

Un modèle adossé à Abu Dhabi mis à l’épreuve

Depuis le rachat par l’Abu Dhabi United Group en 2008, City a remporté huit championnats et une Ligue des champions, selon l’AFP. L’affaire est née en 2018 des documents publiés par Der Spiegel : ils suggéraient que des parrainages d’Etihad, compagnie aérienne publique d’Abu Dhabi, et d’Etisalat avaient servi à faire passer pour des recettes commerciales de l’argent venu de l’actionnaire. City affirme que l’Abu Dhabi United Group est un fonds privé et non un bras de l’État, et estime que ces courriels ont été obtenus illégalement. En 2020, l’UEFA l’avait exclu deux ans des coupes d’Europe, sanction annulée par le TAS, qui avait jugé la plupart des faits non établis ou prescrits. La Premier League, elle, n’a pas de délai de prescription. [3][4][7]

Le bras de fer dépasse ce dossier. En octobre 2024, un tribunal arbitral avait donné partiellement raison à City contre les règles de la ligue sur les transactions avec des parties liées, qui visent à empêcher un club de gonfler des contrats de parrainage passés avec des sociétés proches de ses propriétaires. La ligue les avait durcies après le rachat de Newcastle par le fonds souverain saoudien en 2021 ; le tribunal avait jugé certaines dispositions contraires au droit de la concurrence, sans estimer qu’elles visaient spécifiquement les clubs du Golfe. [10]

Et vu de France

Eurosport a relayé l’information dès vendredi. Manchester City fait partie de City Football Group, qui compte d’autres clubs dans le monde, dont l’ESTAC Troyes. La BBC note que certains dirigeants de l’époque des faits travaillent toujours pour le groupe. La procédure vise toutefois le seul Manchester City, et aucune des sources consultées n’évoque de conséquence pour Troyes ou la Ligue 1. Côté terrain, le président du club rappelle dans sa lettre que City recevra prochainement le Paris Saint-Germain en Ligue des champions. [3][5][8][11]

Sources

  1. Complex — « Manchester City Found Guilty on 114 Charges, Erling Haaland Relegation Jokes Ensue », Mark Elibert, 25 septembre 2026 (origine du repérage)
  2. NBC Sports — « Report: Manchester City found guilty of breaching Premier League financial regulations », Nicholas Mendola, 26 septembre 2026 (reprend l’information de David Ornstein, The Athletic, 25 septembre)
  3. BBC Sport, repris par Yahoo Sports — « Relegation? Titles stripped? Appeals? What next for Man City », Dale Johnson, 25 septembre 2026
  4. Sky Sports — « Man City Premier League charges explained: What are they? What could punishment be? What happens next? », Kaveh Solhekol, 25 septembre 2026, mis à jour le 26 septembre
  5. Sky Sports — « Man City chairman Khaldoon Al Mubarak responds to reports surrounding 115 charges in Premier League financial probe », 26 septembre 2026
  6. Associated Press, repris par NY1 — « Man City chairman asserts club’s innocence over Premier League charges, says still ‘long way to run’ », 26 septembre 2026
  7. AFP, repris par France 24 — « Man City chairman defiant over reported Premier League charges », 26 septembre 2026
  8. Eurosport — « Manchester City reconnu coupable d’avoir enfreint près de 115 règles financières (médias) », Vincent Bregevin, 25 septembre 2026
  9. Premier League — « Premier League statement » (renvoi de Manchester City devant une commission indépendante), 6 février 2023
  10. Malay Mail, dépêche Reuters — « Manchester City claim partial win over Premier League on APT rules », 8 octobre 2024
  11. City Football Group — page « Our clubs » (clubs du groupe, dont l’ESTAC Troyes), consultée le 27 septembre 2026