Depuis le 15 octobre, les Américains remplissent un seul panier avec des produits de Nike, Sephora ou Walmart, depuis Google Search et l’application Gemini. Google surveille les prix, sort les codes promo et propose de payer avec Google Pay. La boutique, elle, passe au second plan.

Trois boutiques, un panier

Un sac Steve Madden repéré dans le mode IA de Google Search. Plus tard, un pull Quince et un gloss Ulta Beauty ajoutés depuis l’application Gemini. Les trois produits attendent dans le même panier. C’est l’exemple choisi par Google pour présenter Universal Cart, lancé le 15 octobre aux États-Unis, selon le billet officiel signé Suresh Ganapathy, directeur produit du shopping grand public.

Le panier avait été dévoilé le 19 mai, à la conférence Google I/O. Google promettait alors un lancement « cet été », rappelle Retail Dive. Il arrive mi-octobre, pile avant les achats de fin d’année. Pour l’instant, seuls Google Search et l’application Gemini l’accueillent.

Google fait le guet

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Le principe tient en une ligne : on ajoute des produits de plusieurs boutiques, Google garde tout au même endroit, d’une session à l’autre. Ensuite, il travaille en arrière-plan. Une notification tombe quand un prix baisse ou quand un article revient en stock.

Le panier s’appuie sur Google Wallet. Il connaît donc les avantages de vos cartes bancaires et suggère laquelle utiliser. Il affiche aussi les codes promo qu’il trouve. D’où viennent ces codes ? Le billet de Google ne le dit pas, relève le site spécialisé PPC Land.

Au moment de payer, deux options. Soit Google Pay, « en quelques clics », directement dans le panier, avec une partie des boutiques. Soit un transfert des produits vers le panier du site marchand, où l’on termine l’achat. Au lancement, Google cite Nike, Sephora, Target, Ulta Beauty, Walmart, Wayfair et « de nombreux marchands Shopify ». Dans les deux cas, la boutique reste le vendeur officiel : confirmation de commande et service client passent par elle.

Pas encore un robot acheteur

Universal Cart n’achète rien tout seul. Google le dit lui-même : il mène deux chantiers, des agents qui agissent à la place de l’acheteur et des outils pratiques qui lui laissent le contrôle. Le panier appartient au second. Le paiement se fait via le protocole UCP, le standard de commerce lancé par Google en janvier avec de grands distributeurs.

Le lancement est aussi plus léger que la démonstration de mai. YouTube et Gmail, annoncés comme portes d’entrée, viendront plus tard, sans date, note The Verge. L’historique des prix et l’alerte en cas de produits incompatibles, montrés à l’I/O, ne figurent pas dans le billet du 15 octobre.

Le panier change de maison

Le panier, c’est l’endroit où une marque garde son client : elle y pousse un accessoire, une livraison express, sa carte de fidélité. Vidhya Srinivasan, vice-présidente chargée des publicités et du commerce chez Google, le reconnaissait en mai : le marchand « a peut-être d’autres choses à montrer » quand l’acheteur arrive chez lui. The Verge a un nom pour ce risque : le « problème DoorDash », quand le client n’a plus aucune raison de visiter le site de la boutique.

Google se présente en « entremetteur ». « Nous ne voulons pas être le marchand officiel », assurait Vidhya Srinivasan. En mai, Google ne prenait ni part ni commission sur les ventes. Ce que paient les marchands pour apparaître, et comment le panier les classe, n’est pas précisé au lancement, souligne PPC Land.

Notre lecture — Google ne vend rien, il fait mieux : il tient le panier. La recherche, la comparaison, l’alerte de prix et le paiement se passent chez lui. Les géants comme Nike ou Walmart ont les moyens d’y être dès le premier jour. Pour un petit e-commerçant, la question change : il ne suffit plus d’être bien classé sur Google, il faut être compatible avec son panier.

OpenAI recule, Google avance

Le timing compte. OpenAI avait lancé en septembre 2025 Instant Checkout, l’achat direct dans ChatGPT. En mars 2026, il a fait marche arrière : les marchands peuvent reprendre leur propre tunnel de paiement, et l’achat intégré n’est plus une priorité, rapportait TechCrunch.

Les autres poussent. Meta a branché Shop Pay, le paiement de Shopify, dans son agent Muse en septembre. Le 13 octobre, Shopify a ouvert son catalogue à n’importe quel agent IA, chaque achat validé par le client, selon The Verge. Amazon, lui, poursuit Perplexity en justice depuis novembre 2025 pour avoir laissé son navigateur Comet acheter sur son site.

La France attendra

Rien n’est annoncé pour la France ni pour l’Europe : le billet de Google ne parle que des États-Unis. Le panier reste réservé aux États-Unis « pour l’instant », précise Ben Schoon, de 9to5Google.

Prochain test grandeur nature : le Black Friday, vendredi 27 novembre. Ensuite, YouTube et Gmail.

Sources

  1. Google, blog officiel (The Keyword) — « An intelligent new shopping cart », Suresh Ganapathy, 15 octobre 2026
  2. The Verge — « Google launches its ‘universal’ online shopping cart ahead of the holidays », Jess Weatherbed, 15 octobre 2026
  3. 9to5Google — « Google rolling out Universal Cart that lets you shop the web and find deals with Gemini, Search », Ben Schoon, 15 octobre 2026
  4. PPC Land — « Google’s Universal Cart reaches US Search and Gemini, but not YouTube », Luis Rijo, 15 octobre 2026
  5. The Verge — « Would you let robots spend your money? Google is betting on it », Mia Sato, 19 mai 2026
  6. Retail Dive — « Google launches cross-retailer Universal Cart », Tatiana Walk-Morris, 26 mai 2026
  7. TechCrunch — « OpenAI’s plans to make ChatGPT more like Amazon aren’t going so well », Lucas Ropek, 24 mars 2026
  8. The Verge — « Shopify opens its catalog up to more AI agents », Mia Sato, 13 octobre 2026