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Street Fighter, de la borne d’arcade au film de 2026 : l’histoire d’une franchise de 60 millions de jeux

Des boutons pneumatiques de 1987 au film attendu le 16 octobre 2026, Street Fighter s’est construit sur des choix de conception, des ventes durables et des adaptations au cinéma inégales. Retour sourcé sur une franchise de Capcom.

Par Waymar

· 6 min de lecture, mis à jour le

Street Fighter, de la borne d’arcade au film de 2026 : l’histoire d’une franchise de 60 millions de jeux

Né en 1987 dans les salles d’arcade japonaises, Street Fighter totalise 60 millions de jeux vendus selon Capcom. À l’approche du film attendu le 16 octobre 2026, retour sur une histoire faite d’un contrôleur abandonné, d’une mécanique découverte en cours de développement, d’un premier film rentable et d’un second qui n’a rapporté que 12,7 millions de dollars.

1987 : des boutons pneumatiques aux six boutons

Le premier Street Fighter sort en arcade en 1987, rappelle Capcom, qui la présente aujourd’hui comme la principale série de jeux de combat au monde. Son directeur, Takashi Nishiyama, a expliqué au magazine japonais Gamest, dans un entretien traduit par le site Shmuplations, que la borne la plus ambitieuse utilisait des boutons pneumatiques mesurant la force de la frappe. Cette solution a donné beaucoup de fil à retordre à l’ingénieur mécanique. Le designer Hiroshi Matsumoto raconte, dans le même entretien, que ses mains avaient enflé à force de frapper des prototypes encore dépourvus de leur protection en caoutchouc. Une autre version proposait six boutons numériques, pour représenter la variété des coups de poing et de pied.

Ce choix a pesé sur la suite. Dans un entretien publié par Capcom sur son site Shadaloo C.R.I., Akira Nishitani, concepteur de Street Fighter II, explique que l’équipe tenait d’abord aux boutons sensibles à la pression et que, sans la borne à six boutons héritée du premier épisode, le système du jeu aurait pu être tout autre.

Street Fighter II et l’invention des enchaînements

Street Fighter II arrive dans les salles d’arcade japonaises le 7 mars 1991, puis sur Super Nintendo au Japon le 10 juin 1992, selon Men’s Journal, qui s’appuie sur le site officiel de la série. Dans l’entretien publié par Capcom, l’équipe raconte que les personnages ont été répartis entre graphistes à partir de croquis d’Akira Yasuda, dit Akiman. Parmi les combattants figurent Chun-Li, Zangief, Dhalsim et Blanka.

Sa mécanique la plus célèbre est née en cours de développement. Akira Nishitani a expliqué, dans des propos rapportés par Game Developer en 2013, que la possibilité d’annuler un coup normal par un coup spécial, qui permet d’enchaîner les frappes, n’avait pas été planifiée : l’équipe l’a trouvée intéressante, a constaté qu’elle ne provoquait pas de dysfonctionnement et l’a conservée. Il a précisé qu’il ne parlerait pas pour autant d’un véritable bug, puisque la fonction a été intégrée pendant le développement. Le récit du « bug devenu combo », souvent répété, mérite donc cette nuance.

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Au cinéma, un succès en 1994 et un échec en 2009

Le premier film, Street Fighter, sort aux États-Unis le 23 décembre 1994, distribué par Universal, avec Jean-Claude Van Damme et Raul Julia. Selon The Hollywood Reporter, qui recensait en janvier 2017 les adaptations de jeux vidéo au cinéma, il a rapporté 99,4 millions de dollars au box-office pour un budget de 35 millions. L’opération reste rentable pour Capcom : Kotaku rapportait en juin 2024 que l’éditeur avait indiqué, lors de son assemblée d’actionnaires, que le film lui rapportait encore des dizaines de millions de yens par an.

Street Fighter: The Legend of Chun-Li, sorti en février 2009 chez 20th Century Fox, a connu le sort inverse : 12,7 millions de dollars de recettes au box-office, selon le même recensement du Hollywood Reporter. L’écart entre les deux films rappelle qu’une licence connue ne garantit pas un public en salle.

2026 : un nouveau film, une série qui se vend toujours et un circuit esport

Le prochain film, porté par Legendary et Capcom et distribué par Paramount, est annoncé en salles le 16 octobre 2026 sur son site officiel. Réalisé par Kitao Sakurai, il se déroule en 1993 et réunit notamment Andrew Koji (Ryu), Noah Centineo (Ken), Callina Liang (Chun-Li), Jason Momoa (Blanka) et Curtis « 50 Cent » Jackson (Balrog), selon Nerdist.

Le film arrive alors que la série continue de se vendre : Street Fighter V a atteint 8 millions d’exemplaires et Street Fighter 6, sorti en juin 2023, 7,2 millions, selon les chiffres de Capcom. L’éditeur finance aussi un circuit compétitif. Dans un communiqué du 16 mars 2026, il revendique un record de 20 000 spectateurs pour ses finales mondiales et annonce, pour la saison 2026, plus de 2,1 millions de dollars de dotations, dont un million pour le vainqueur de la Capcom Cup.

La lecture d’OHMAZIN : l’histoire de Street Fighter tient moins du miracle que d’une suite de décisions de conception, de ventes répétées sur plusieurs générations de machines et d’une licence que Capcom exploite au-delà du jeu. Le film de 2026 dira si la franchise sait convertir sa base de joueurs en public de cinéma, ce que le film de 2009 n’avait pas réussi.

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Fondateur d’OHMAZIN. Entrepreneur et créatif, Waymar signe les articles du média sur les deals, les marques, le cinéma et les séries, le sport business, la tech et les sneakers.

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