Six ans séparent le premier tournage de Paul Deby, en mai 2014, de son premier rôle parlant, dans Validé. Invité de Faux Rebond, l’ancien quarterback devenu acteur de Ghosts raconte les figurations payées moins que le train et le court métrage qui l’a relancé.
Quarterback avant d’être comédien
Dans le dixième épisode de la première saison de Faux Rebond, publié le 15 août 2025, Paul Deby évoque une enfance partagée entre Fontenay-sous-Bois et la Corse, d’où vient sa mère. À 13 ans, un manga consacré au football américain, Eyeshield 21, le pousse à s’inscrire aux Météors de Fontenay-sous-Bois. Il y joue quarterback et dit avoir intégré, à l’été 2013, un groupe de 45 joueurs en sélection nationale. Des commotions cérébrales le conduisent à arrêter en 2016. L’épisode est soutenu par la marque de boissons énergisantes Celsius, partenaire du podcast.
Lucide sur ses chances de devenir professionnel dans un sport qui ne compte presque aucun Français en NFL, il poursuit ses études jusqu’à un bac + 5, à la demande de sa mère, tout en travaillant à côté de ses cours de 16 à 25 ans.
Mai 2014, un tournage amateur comme déclic
Le déclic date de mai 2014. Il accompagne une cousine sur le tournage d’un court métrage amateur dans un appartement haussmannien et, en fin de journée, remplace un figurant absent. « Et moi, c’est le début de tout », dit-il. Commence un long apprentissage : pas d’agent sans expérience, pas d’expérience sans agent, des figurations parfois payées moins que le prix du train, puis des silhouettes. Il signe avec un agent en décembre 2019.
Six ans avant un premier rôle parlant
Son premier rôle parlant arrive en 2020, dans la deuxième saison de Validé, sur Canal+. Pour le casting, il se rend à Marseille avec 100 euros avancés par son père, en laissant croire qu’il habite la ville, condition posée pour ce petit rôle. La réponse tombe le 23 août 2020, jour de la finale de la Ligue des champions entre le PSG et le Bayern Munich : « À ce moment-là, tu imagines, c’est six ans de travail. »

Suivent des rôles dans Stalk, Joséphine, ange gardien ou Detox, sur Netflix. L’année 2022 commence par huit à neuf mois sans tournage, le moment de doute le plus net de l’épisode. Il en sort par un court métrage : Les Rêves lucides, qu’il réalise, reçoit en 2022 le prix du public de la 12e édition du Nikon Film Festival, édition dont le jury était présidé par Gilles Lellouche.
Notre lecture — Le récit de Paul Deby décrit un métier où l’on investit avant d’être payé : des figurations rémunérées moins que le prix du train, 100 euros avancés par son père pour un casting à Marseille. Pas d’agent sans expérience, pas d’expérience sans agent : il signe avec un agent plus de cinq ans après ses débuts. En 2022, après huit à neuf mois sans tournage, c’est un film qu’il réalise lui-même qui le remet en lumière. C’est le seul levier de ce parcours qui n’ait dépendu d’aucun intermédiaire.
De Monsieur Aznavour à Ghosts
Viennent ensuite la série The Walking Dead: Daryl Dixon et le film Monsieur Aznavour, qui figurent sur sa fiche d’artiste, puis Ghosts : fantômes en héritage, adaptation française d’une série britannique réalisée par Arthur Sanigou et lancée sur Disney+ le 9 avril 2025. Paul Deby y joue François Laval, un fantôme créé pour cette version, qu’il décrit comme « un collabo un peu attachant », ligoté à un arbre pendant toute la première saison.
Ces rôles ont un point commun : des productions à forte audience. Canal+ présentait en octobre 2021 la deuxième saison de Validé, celle de son premier rôle parlant, comme un « record historique » : plus de 10 millions de visionnages en moins d’une semaine, deux fois le rythme de la première saison au même stade, selon la chaîne citée par AlloCiné. Monsieur Aznavour, sorti en octobre 2024, cumulait 1 481 273 entrées après trois semaines d’exploitation, sixième succès français de l’année à cette date, selon les chiffres publiés par Puremédias. Les cachets de ces rôles ne sont pas publics.
Aux débutants, il conseille de « faire les choses », sans craindre le ridicule : « Ça va être nul au début, tu vois. » Il faut, selon lui, accepter ces premiers essais imparfaits et ne pas attendre qu’une occasion se présente d’elle-même.
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