Révélé en 2019 par Mortel, série fantastique de Netflix, Carl Malapa a grandi dans la famille qui a produit Rapattitude, première compilation de rap français. Dans Faux Rebond, il raconte un premier tournage à 14 ans, des rôles qui se raréfient et l’envie d’écrire.
Une famille liée aux débuts du rap français
Dans le cinquième épisode de la première saison de Faux Rebond, publié le 11 juillet 2025, Carl Malapa décrit une enfance « facile » dans le 20e arrondissement de Paris, où il est né. Dernier de quatre enfants, il grandit entre un père qui travaille dans le social et une mère dans la production de cinéma ; ses frères et sa sœur ont eux aussi choisi des métiers artistiques. L’épisode est soutenu par la marque de boissons énergisantes Celsius, partenaire du podcast.
Ses parents, raconte-t-il, étaient producteurs de musique dans les années 1990 et ont produit Rapattitude. Sortie en mai 1990 sur le label Labelle Noir, sous licence Virgin, cette compilation réunit notamment Assassin, Suprême NTM, Tonton David et Dee Nasty ; une partie des titres a été enregistrée la nuit, à l’été 1989, dans les studios de l’Ircam, rappelle le Centre Pompidou, qui présente Benny Malapa comme son producteur. Celui-ci a fondé Labelle Noir avec sa compagne, Cathy, selon Pan African Music, pour qui Rapattitude est la première compilation consacrée au rap français. L’invité cite aussi IAM parmi les artistes du disque ; le groupe marseillais ne figure pas parmi les dix titres de la compilation.
Un premier tournage à 14 ans
Le jeu arrive par un stage de théâtre imposé par son père. Repéré par un agent à la fin de l’année, il décroche à 14 ans, trois jours après avoir signé avec lui, un rôle dans la série Panthers, tournée en partie à Marseille : il y joue la version jeune du personnage incarné par Tahar Rahim. Suivent, selon lui, plusieurs castings par mois et trois ou quatre tournages par an pendant quatre à cinq ans. Cette réussite précoce, qui lui fait gagner plus que son père, l’a, dit-il, « mal préparé à la vie ».
Mortel, succès de niche et fausse évidence
Le premier rôle principal vient avec Mortel, série fantastique de Netflix créée par Frédéric Garcia, dont les deux saisons sont sorties en novembre 2019 et en juillet 2021. Carl Malapa y joue Sofiane, un adolescent qui passe un pacte avec un dieu vaudou ; il avait 18 ans au tournage de la première saison. Il y voit la réalisation d’un rêve, « amener le fantastique en France et d’être crédible », mais aussi le début d’une illusion : « t’as l’impression que ça y est, ta carrière, elle est partie, tu vois. Et c’était une illusion, en fait. »

Suivent notamment Les Miens, de Roschdy Zem, sorti en 2022, où il joue le fils du personnage de Sami Bouajila, un jeune homme gagné par les théories du complot, et un épisode de la quatrième saison de Dix pour cent, diffusée en 2020, dont Franck Dubosc et Tony Parker sont les invités. Depuis un ou deux ans, reconnaît-il, les propositions se sont raréfiées.
Notre lecture — Le parcours de Carl Malapa montre où se situe le pouvoir dans une carrière d’acteur. Tant qu’il attend les castings, il dépend de ceux qui écrivent et produisent : un succès comme Mortel ne garantit pas le rôle suivant, et les propositions se sont raréfiées, reconnaît-il. Apprendre à écrire, à réaliser et à produire, c’est remonter la chaîne vers ceux qui décident des projets. Dans la musique, ses parents occupaient déjà cette place : ils produisaient Rapattitude.
Écrire, réaliser, provoquer sa chance
Carl Malapa dit avoir arrêté il y a un an son activité de producteur de musique, menée avec des amis et son frère : vivre de la musique lui paraît plus difficile encore que vivre du cinéma. Il estime que la chance pèse lourd dans une carrière d’acteur et dit désormais prendre son temps. Il apprend à écrire, des clips aux longs métrages, avec l’objectif de réaliser et de produire. À ceux qui veulent se lancer, il conseille de se former, de se filmer et d’envoyer leurs essais aux agents, pour « provoquer sa chance ».
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