Siri AI est arrivé avec une promesse ambitieuse : comprendre le contexte personnel et agir dans les applications. Quelques jours après son lancement, 9to5Mac rassemble des témoignages moins enthousiastes. Ils posent une question décisive pour un assistant quotidien : les nouvelles capacités compensent-elles les gestes devenus moins fiables ? [1][2]
Une bêta dont la disponibilité reste encadrée
Apple a lancé le déploiement de Siri AI le 14 septembre 2026, en bêta et en anglais. Le français figure parmi les langues annoncées pour octobre. Cette extension linguistique ne signifie toutefois pas une disponibilité immédiate partout : Apple précise que Siri AI n’est initialement pas proposé dans l’Union européenne sur iOS, iPadOS et watchOS. Il faut donc distinguer langue, appareil et territoire avant de comparer les expériences rapportées. [2]
Cette distinction compte pour un lectorat francophone. Un retour provenant d’un iPhone américain ne décrit pas nécessairement le service accessible depuis la France. Et une annonce de compatibilité linguistique ne permet pas, à elle seule, de prévoir la date à laquelle une équipe pourra intégrer l’assistant à son organisation.
Des difficultés signalées sur des commandes ordinaires
Dans son article du 20 septembre, 9to5Mac recense plusieurs familles de plaintes : erreurs réseau, réponses lentes, demandes répétées de déverrouillage et difficultés à retrouver certaines listes de rappels ou à exécuter des commandes habituelles. L’Apple Watch apparaît particulièrement dans ces témoignages, notamment pour la lenteur et les minuteurs. Le média relève également des différences de comportement avec l’ancien Siri. Ces observations proviennent de retours d’utilisateurs ; elles ne constituent pas une mesure représentative de l’ensemble du parc. [1]
OHMAZIN n’a pas réalisé de test indépendant de cette version. Les éléments consultés ne permettent pas de calculer un taux d’échec ni de déterminer une cause unique. Il serait donc prématuré d’attribuer tous les problèmes aux serveurs, à un modèle particulier ou au matériel. En revanche, leur concentration sur des tâches simples explique pourquoi ils pèsent dans l’appréciation du produit.
Une architecture plus vaste que le seul assistant vocal
La documentation technique d’Apple décrit une famille de cinq modèles, développés avec Google, répartis entre traitement sur l’appareil et calcul dans le cloud. Les modèles n’ont pas tous la même fonction : certains servent la dictée et la voix, d’autres les images ou les raisonnements complexes. Cette organisation explique pourquoi parler d’une unique « intelligence de Siri » simplifie excessivement le fonctionnement du service. [3]
Apple détaille aussi l’extension de Private Cloud Compute à Google Cloud avec des processeurs graphiques NVIDIA. L’entreprise affirme y conserver ses exigences de confidentialité, dont le calcul sans conservation des données et la possibilité de vérification par des chercheurs externes. Ce sont des engagements d’architecture, pas une garantie de disponibilité permanente ni une explication des incidents signalés. Confidentialité, rapidité et réussite d’une commande restent trois critères distincts. [4]
Pour les créatifs, le gain se mesure jusqu’au résultat
Notre analyse : dans un travail créatif, un assistant devient utile lorsqu’il réduit réellement le nombre d’étapes. Imaginons la préparation d’un rendez-vous client : retrouver un message, identifier la bonne version d’un document, puis préparer une réponse. Une formulation naturelle peut faciliter la demande initiale. Mais si chaque étape impose une vérification ou une reprise manuelle, le temps économisé à l’entrée peut être perdu à la sortie.
Le critère pertinent est donc le résultat complet : bon document, bon destinataire, bonne information et confirmation lisible de l’action. Pour une tâche récurrente, la régularité compte davantage qu’une démonstration réussie une fois. C’est aussi un enjeu commercial pour les applications connectées : leur valeur peut devenir moins visible si l’utilisateur attribue toute réussite, ou tout échec, à l’assistant qui pilote le parcours.
Les prochaines étapes à surveiller
Apple annonce également des limites quotidiennes pour certaines fonctions utilisant les modèles serveur, dont Siri AI, et prévoit ultérieurement un accès élargi payant. Aucun tarif n’est donné dans le communiqué. Le coût d’usage et la disponibilité effective feront donc partie de l’évaluation, au même titre que l’arrivée des langues supplémentaires. [2]
Les évaluations publiées par Apple portent notamment sur la qualité des réponses des modèles et sur certaines fonctions prises séparément. [3] Pour juger la progression du produit, il faudra aussi observer des parcours répétés en conditions réelles : délai total, interruptions, exactitude des actions et récupération après une erreur. Ce sont ces résultats, accompagnés de correctifs documentés, qui permettront de dépasser le contraste entre promesse de lancement et premiers témoignages.
Sources
- 9to5Mac — Five ways that the new Siri AI is frustrating iPhone and Apple Watch users, 20 septembre 2026
- Apple — Siri AI, a profoundly more capable and personal assistant, is here, 14 septembre 2026
- Apple Machine Learning Research — Introducing the Third Generation of Apple’s Foundation Models, 8 juin 2026, mis à jour le 9 septembre
- Apple Security Research — Expanding Private Cloud Compute, 8 juin 2026
- Perplexity Discover — dossier de repérage
