Ric Flair, 77 ans, légende du catch et membre du Hall of Fame de la WWE, poursuit l’agence de talents numériques FAM Networks devant la Cour suprême de l’État de New York, à Manhattan. Selon sa plainte, déposée le 5 septembre et révélée par The Independent, l’agence lui a laissé 14 minutes, sans avocat, pour signer une licence « irrévocable, perpétuelle » sur son nom, son image, sa voix et ses comptes sociaux. Il réclame au moins 10 millions de dollars. [1][3]

Ce que dit la plainte

Selon la plainte citée par The Independent, Ric Flair, de son vrai nom Richard Fliehr, a reçu le contrat de FAM Networks par courriel le 5 décembre 2025 à 17 h 57, et l’a signé à 18 h 11. Le document accordait à l’agence une licence « irrévocable, perpétuelle » et sous-licenciable sur son nom, son image, sa ressemblance, sa voix, ses comptes et son identité commerciale, dans le monde entier et dans tous les médias « connus ou à venir ». Le contrat indiquait qu’il avait été négocié avec des avocats. La plainte soutient que Ric Flair n’en avait aucun, et que l’agence le savait. [1][3]

En échange, toujours selon la plainte, FAM Networks promettait de relancer sa page Facebook, décrite comme piratée et démonétisée, pour en tirer six chiffres par mois, et de lui reverser 90 % des revenus des conférences et apparitions, 50 % des projets collaboratifs et 10 % des contenus dits « passifs ». Ric Flair accuse l’agence d’avoir pris le contrôle de la page, d’en avoir exclu son équipe et d’en avoir tiré jusqu’à 20 000 dollars par mois sans le rémunérer, sans lui décrocher les engagements promis. Il dit avoir perdu au moins 250 000 dollars de revenus. [1][2][3]

« J’ai passé plus de quarante ans à construire le nom Ric Flair, avec mon corps, mon sang et tout ce que j’avais », a écrit l’ancien catcheur à The Independent. [1]

Ce que Ric Flair demande au tribunal

Ric Flair demande l’annulation du contrat, une décision déclarant que FAM Networks n’a aucun droit sur son nom, son image ou sa ressemblance, et la restitution de sa page Facebook. Il réclame au moins 5 millions de dollars pour rupture de contrat et au moins 5 millions pour dol, c’est-à-dire une signature obtenue par des déclarations trompeuses, plus des dommages à fixer au procès pour violation de la loi new-yorkaise sur les droits civils et ingérence dans ses relations d’affaires. Aucune date de procès n’a été fixée. [1][3]

Cette loi, les articles 50 et 51 du Civil Rights Law de New York, interdit d’exploiter commercialement le nom, l’image ou la voix d’une personne vivante sans son consentement écrit préalable. L’un des enjeux sera la validité du consentement de décembre 2025. [7]

FAM Networks, déjà attaquée par Steven Greer

FAM Networks se présente comme une agence de management et un groupe média d’influenceurs. La plainte lui reproche d’avoir caché à Ric Flair un litige en cours avec l’ufologue Steven Greer, qui l’a assignée devant le même tribunal en 2025 (dossier n° 650633/2025) pour rupture d’un accord de monétisation de sa présence en ligne. Le 25 juin 2026, la division d’appel de la Cour suprême de New York a confirmé à l’unanimité le refus de rejeter cette action, relève Hoodline. [1][3][5]

The Independent n’a pas pu joindre l’agence : ses courriels à cinq services sont revenus. Au 27 septembre, OHMAZIN n’a trouvé aucune réponse publique de FAM Networks, et les accusations n’ont pas encore été examinées par le tribunal. [1][4]

Une licence perpétuelle face aux règles du double numérique

La plainte, telle que rapportée, ne parle pas d’intelligence artificielle. Mais une licence perpétuelle sur une voix et une image, valable dans les médias « à venir », peut dans sa rédaction couvrir des usages inexistants à la signature, comme les répliques générées par IA. [1]

À New York, l’article 5-302 de la loi sur les obligations générales, en vigueur depuis janvier 2025, rend nulle dans un contrat de prestation la clause qui autorise un double numérique de la voix ou de l’image à la place d’un travail fait en personne, si les usages ne sont pas décrits de façon raisonnablement précise et si la personne n’était assistée ni d’un avocat ayant négocié ces droits, ni d’un syndicat. Selon la presse, la plainte ne l’invoque pas ; mais ce texte fait lui aussi de l’absence d’avocat un critère. [6]

Au niveau fédéral, le NO FAKES Act, qui créerait un droit de propriété sur sa voix et son image face aux répliques numériques non autorisées, a été réintroduit au Sénat le 20 mai 2026 (S. 4591) et approuvé à l’unanimité par la commission judiciaire le 18 juin. Dans la version adoptée en commission, ce droit ne peut pas être cédé du vivant de la personne, seulement concédé sous licence, pour dix ans au plus, par écrit, avec une description raisonnablement précise des usages. À notre connaissance, le Sénat ne l’a pas encore voté en séance plénière. [8][9]

Le Tennessee a ouvert la voie avec l’ELVIS Act, signé le 21 mars 2024, qui ajoute la voix aux attributs protégés par sa loi sur les droits de la personnalité. À Hollywood, l’accord SAG-AFTRA de 2023 exige, avant toute réplique numérique d’un acteur, un consentement « clair et visible » signé séparément et une description raisonnablement précise de l’usage ; la convention 2026, approuvée le 4 juin, restreint encore les interprètes synthétiques. [10][11][12]

Et en France ?

En France, la protection de l’image s’appuie sur l’article 9 du Code civil, qui garantit le respect de la vie privée. Depuis la loi du 21 mai 2024, l’article 226-8 du Code pénal punit la diffusion sans consentement d’un contenu généré par algorithme reproduisant l’image ou les paroles d’une personne, s’il n’est pas signalé ou évident comme tel : un an de prison et 15 000 euros d’amende, deux ans et 45 000 euros en ligne. [13][14]

Dans l’Union européenne, l’article 50 de l’AI Act impose depuis le 2 août 2026 de signaler clairement les hypertrucages, indique la Commission européenne. Ces textes visent les usages non consentis ; un consentement contesté, comme celui de Ric Flair, relève du droit des contrats. OHMAZIN a détaillé ce que prévoient les premiers contrats de voix synthétique. [15]

Sources

  1. The Independent, repris par Yahoo — Justin Rohrlich, « Exclusive: WWE legend Ric Flair claims ‘influencer talent agency’ duped him into handing over his digital life: lawsuit », 8 septembre 2026
  2. Fightful — procès de Ric Flair contre FAM Networks (partage des revenus promis, page Facebook), 8 septembre 2026
  3. Hoodline — « Ric Flair Sues FAM Networks for $10 Million », 8 septembre 2026
  4. Wrestling Inc — Faden Cloete, « WWE HOFer Ric Flair Reportedly Suing Digital Talent Agency Over Likeness Rights », 10 septembre 2026
  5. CourtListener — Greer v. FAM Networks, LLC, 2026 NY Slip Op 04039, Appellate Division, First Department, 25 juin 2026
  6. Sénat de l’État de New York — General Obligations Law, article 5-302 (contrats de création et d’usage de répliques numériques), version du 3 janvier 2025
  7. Sénat de l’État de New York — Civil Rights Law, articles 50 et 51 (droit à la vie privée et action en justice)
  8. Congress.gov — S. 4591, NO FAKES Act of 2026, introduit le 20 mai 2026, rapporté par la commission judiciaire le 24 juin 2026
  9. Recording Academy (Grammy.com) — Claire Hoffman, « NO FAKES Act Passes Senate Judiciary Committee By Unanimous Voice Vote », 18 juin 2026
  10. Bureau du gouverneur du Tennessee — « Gov. Lee Signs ELVIS Act Into Law », 21 mars 2024
  11. The Authors Guild — « SAG-AFTRA Agreement Establishes Important Safeguards for Actors Around AI Use », 17 janvier 2024
  12. Los Angeles Magazine — Alessa Alluin, ratification de l’accord SAG-AFTRA 2026 et protections contre l’IA, 5 juin 2026
  13. Légifrance — Code civil, article 9
  14. Légifrance — Code pénal, article 226-8, dans sa rédaction issue de la loi du 21 mai 2024
  15. Commission européenne — « Transparency obligations under Article 50 of the AI Act », FAQ mise à jour le 24 juillet 2026
  16. Complex — Bernadette Giacomazzo, « Ric Flair Says Digital Agency Gave Him 14 Minutes to Sign Away Rights to His Identity in New Lawsuit », 26 septembre 2026 (repérage du sujet)