Près de 6 millions de vinyles vendus en France en 2025, et le rap pousse fort. De NTM à Theodora, cinq albums à avoir en double LP, avec ce que proposent les boutiques officielles et à quel prix.
La platine revient au salon
Un double disque noir, une pochette grand format, un rond central à poser sur la platine. En 2025, les Français ont acheté près de 6 millions de vinyles, selon le bilan annuel du SNEP publié le 18 mars 2026. Le chiffre d’affaires du format atteint 112,6 millions d’euros, en hausse de 14,8 % sur un an. Pour la première fois, il dépasse les 100 millions.
Le CD garde l’avantage du nombre, avec plus de 8 millions d’unités. Mais en valeur, le vinyle le devance désormais de 23 millions d’euros, détaille le dossier de presse du syndicat. Et ce sont les plus jeunes qui achètent : 41 % des acheteurs de vinyles ont entre 15 et 34 ans, d’après une étude Kantar Media d’octobre 2025 citée par le SNEP.

Notre lecture — Le rap a gagné la bataille du streaming, il s’attaque maintenant à l’étagère. Un album écouté des centaines de millions de fois n’appartient à personne ; le même album en double vinyle devient un objet qu’on garde, qu’on expose, qu’on offre. Le fan ne paie plus seulement pour écouter : il paie pour montrer qu’il était là. Les labels l’ont compris, et ressortent leurs classiques comme leurs nouveautés.
La sélection qui suit mêle deux références et trois disques récents. Tous ont une édition vinyle en vente sur la boutique officielle de leur maison de disques, vérifiée le 18 octobre 2026. Les liens sont simples : aucun n’est rémunéré.
Suprême NTM, « Paris sous les bombes » (1995)

Le deuxième grand coup de Kool Shen et JoeyStarr. Sorti le 27 mars 1995, l’album décroche le disque d’or dès novembre 1995, puis le disque de platine en mai 1997, selon la base des certifications du SNEP. Une génération entière a appris le rap de Seine-Saint-Denis avec lui.
Côté vinyle, Legacy Recordings France le réédite en double LP, dans une série consacrée aux quatre albums du groupe et présentée comme « édition limitée ». Prix affiché sur la boutique Sony Music France : 21,99 €, disponible le 18 octobre 2026. La couleur des disques n’est pas précisée.
Orelsan, « La fête est finie » (2017)

Le disque qui a fait d’Orelsan un phénomène grand public. Sorti le 20 octobre 2017, il est certifié double diamant par le SNEP depuis le 12 janvier 2023.
L’édition proposée est un double vinyle, mis en ligne en octobre 2025 sur la boutique Sony Music France. Prix affiché le 18 octobre 2026 : 23,99 €, en stock. Aucune mention d’édition limitée ni de couleur.
Gazo, « KMT » (2022)

L’album qui a installé la drill française au sommet. Sorti le 1er juillet 2022, « KMT » est certifié diamant par le SNEP depuis le 18 septembre 2025. C’est aussi sa première sortie en vinyle, précise la fiche officielle, qui le présente encore comme « triple disque de platine », une mention dépassée.
Format : double LP. Prix affiché sur la boutique Sony Music France le 18 octobre 2026 : 19,99 €, le moins cher de cette sélection.
Theodora, « MEGA BBL » (2024)

La révélation de l’année 2025. « MEGA BBL », sorti le 1er novembre 2024, termine quatrième du top albums 2025 du SNEP, première femme du classement. Il est certifié triple platine depuis le 5 février 2026.
Le double vinyle est en vente sur la boutique Universal Music depuis le 18 septembre 2026, à 35 €, prix affiché le 18 octobre 2026. C’est le plus cher des cinq. La fiche ne précise ni couleur ni tirage.
Disiz, « on s’en rappellera pas » (2025)

Un vétéran qui se réinvente. Quatorzième album de Disiz selon sa maison de disques, sorti le 20 novembre 2025, avec Theodora, Laurent Voulzy et Kid Cudi en invités. Certifié platine par le SNEP le 16 juillet 2026. Le syndicat cite aussi sa sortie en exemple : des sessions d’écoute dans cinq grandes villes, et 14 105 ventes équivalentes la semaine de sa parution.
Le double vinyle est affiché à 33 € sur la boutique Sony Music France, le 18 octobre 2026, en stock.
L’objet, la marge, le fan
Pourquoi les labels s’y mettent ? Parce que le vinyle rapporte plus par exemplaire. Avec les chiffres du SNEP, un vinyle vendu en France en 2025 représente en moyenne environ 19 € de chiffre d’affaires, contre environ 11 € pour un CD (calcul OHMAZIN, à partir de 112,6 M€ pour près de 6 millions de vinyles et 89,1 M€ pour plus de 8 millions de CD). La marge réelle des labels, elle, n’est pas publiée.
Le circuit se raccourcit aussi. Selon le SNEP, la vente en ligne pèse 66 millions d’euros, soit près d’un tiers du marché physique, et les boutiques d’artistes gérées par les labels atteignent 13,5 millions d’euros en 2025, en hausse de 29 %. Le syndicat décrit la stratégie : des événements pour les fans de la première heure et « de multiples versions d’un même album physique ».
Le règlement suit. Depuis le 26 décembre 2025, un support physique doit coûter au moins 7 € HT, contre 3,30 € auparavant, pour compter dans les classements pendant ses 18 premiers mois, indique le dossier de presse. De quoi freiner les albums bradés pour gonfler un top.
La pente, elle, ralentit. Au premier semestre 2026, le vinyle progresse encore de 5,8 % en valeur, selon le SNEP, quand le CD recule de 14,4 %. Il reste le premier support physique du pays.
Prochain test : les fêtes de fin d’année, là où se joue l’essentiel des ventes de disques.
Sources
- SNEP — « Bilan 2025 du marché de la musique enregistrée », communiqué, 18 mars 2026
- SNEP — Dossier de presse « Bilan du marché de la musique 2025 en France », mars 2026
- SNEP — « Bilan du 1er semestre 2026 », communiqué, 8 septembre 2026
- SNEP — Base des certifications (albums), consultée le 18 octobre 2026
- Sony Music France, boutique officielle — fiches double vinyle Suprême NTM, Orelsan, Gazo et Disiz, consultées le 18 octobre 2026
- Universal Music Store, boutique officielle — fiche « THEODORA - MEGA BBL - Double Vinyle », consultée le 18 octobre 2026




