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GLOSSAIRE · MUSIQUE

Sample (échantillon) et droits

Un extrait d’un enregistrement existant réutilisé dans un nouveau morceau ; il faut en principe l’accord de ceux qui détiennent l’enregistrement et la composition.

Sampler, c’est prélever un fragment d’un disque — une boucle de cuivres, une voix, un break de batterie — pour construire un nouveau titre. C’est l’un des gestes fondateurs du rap. Juridiquement, un sample touche deux droits : celui du producteur de l’enregistrement original (le master) et celui des auteurs et compositeurs de l’œuvre, généralement représentés par un éditeur.

En France, la reproduction d’un phonogramme est soumise à l’autorisation de son producteur (article L213-1 du Code de la propriété intellectuelle). En 2019, dans l’affaire Pelham, la Cour de justice de l’Union européenne a jugé que reprendre même un très court extrait sonore requiert cette autorisation, sauf s’il est intégré sous une forme modifiée et non reconnaissable à l’écoute. La « clearance », c’est-à-dire l’autorisation du sample, se négocie : forfait, pourcentage des revenus du nouveau titre ou part de l’édition.

On parle d’interpolation quand le passage est rejoué ou rechanté au lieu d’être copié : l’enregistrement original n’est alors pas reproduit, mais l’accord des auteurs et de leur éditeur reste nécessaire.

Erreur fréquente : croire qu’un sample de quelques secondes est libre. La durée ne suffit pas ; seule compte l’autorisation, ou une exception prévue par la loi, comme le pastiche, appréciée au cas par cas par le juge.

Exemple. « This Time », de Kirk Franklin avec GloRilla, interpole « Children of the Sun » de Mandrill, que les amateurs de rap connaissent par le sample de « Dey Know » de Shawty Lo. Le titre est entré n° 1 du Hot Gospel Songs de Billboard en septembre 2026.

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